Présenté comme la réponse de Sony à la domination outrageuse de Bungie sur le créneau des FPS consoles,
Killzone n’avait hélas pas su se montrer à la hauteur de ses belles paroles lors de sa sortie en 2004 sur PS2. Un an après cette légère déception, l’E3 2005 fût l’occasion d’entrevoir pour la première fois sa suite dans une vidéo pleine de bluff et de mensonges. Fin 2008, ce même
Killzone 2 atterrit à la surprise générale en version
preview dans les nombreuses rédactions du monde entier. Et si on ne nous avait pas menti ?
Là où l’aventure du premier épisode avait eu la bonne idée de proposer un choix entre quatre personnages,
Killzone 2 semble être bien parti pour ne mettre le joueur que dans la peau du seul Sev. Toujours aux côtés de l’ISA, mais cette fois au sein d’une unité des forces spéciales, le joueur est ainsi embarqué dans un combat sans pitié face aux Helghast. D’emblée, on retrouve cette patte
Killzone, cet univers si réussi où les loupiottes des terrifiants casques de Helghast suffisent à mettre en alerte. Ce second opus met d’ailleurs les petits plats dans les grands en ce qui concerne la mise en scène. Des
cut-scenes qui claquent bien, des musiques guerrières dans le ton et des bruitages réussis plongent totalement le joueur dans ce monde où la guerre fait rage.
Il faut dire aussi que
Killzone 2 bénéficie amplement de sa réalisation de haute volée pour immerger quiconque prend la manette. Les environnements et les protagonistes ont bénéficié d’un soin tout particulier, loin d’une modélisation à la truelle et avec des textures très jolies. Du côté des décors, de nombreux détails comme des caisses en bois étaient destructibles dans cette version
preview. La destruction d’éléments plus massifs passait néanmoins par l’utilisation de scripts et ce n’est pas n’importe quel bâtiment que l’on pouvait faire s’écrouler. Niveau effets spéciaux, les néerlandais de
Guerilla prouvent une fois de plus tout leur savoir-faire en la matière, avec des effets de particules de haut niveau, des jeux de lumière poussés et des explosions assez crédibles. A la question est-il au niveau de la cinématique de 2005, la réponse est en revanche évidente : non.
Killzone 2 se positionne malgré tout en porte-étendard des capacités de la PlayStation 3 et devrait rester pendant un bon moment l’un des plus beaux jeux de la machine. Espérons juste que les baisses de frame rate et surtout les gels de l’écran ne seront plus qu’un lointain souvenir une fois le jeu dans les bacs.
Au rayon des réserves plus sérieuses, notons que l’IA n’a cessé d’alterner le bon et le moins bon. Le bon s’est caractérisé dans le comportement même de chacun des Helghast. Ces derniers n’hésitant pas à se mettre à couvert, à tirer à l’aveugle ou à user à répétition de la grenade pour déloger le joueur. En revanche, la situation était un peu moins idyllique en ce qui concerne la tactique générale d’un groupe de Helghast, tous ayant tendance à rester sur leur position en attendant les mouvements du joueur. Nous avons tout de même constaté quelques tentatives de contournement de certaines unités, malheureusement endiguées par un comportement hésitant, voire à la limite du bug. Mais globalement, l’IA ne devrait pas avoir trop de mal à donner du fil à retordre, d’autant qu’il est difficile d’en faire une vraie critique alors que seul le mode normal était accessible dans cette version preview.
Enfin, sur les quelques chapitres que nous avons pu essayer, les développeurs nous ont paru plutôt bien maîtriser leur sujet au niveau du rythme, plus que dans le premier épisode en tous cas. C’est bien simple, le joueur n’a que très peu de temps pour souffler. C’est de l’action non-stop qu’offre
Killzone 2, au risque d’ailleurs de tomber dans une certaine répétitivité. La linéarité des niveaux est aussi en question, monde clos oblige, et le level design nous a semblé manquer d’ambition à plusieurs reprises. Etre en pleine guérilla urbaine et devoir se coltiner un enchainement de couloirs plus ou moins larges du début à la fin n’est plus vraiment au goût du jour quand on a eu l’occasion de faire une cure intensive des derniers FPS en date.
Après quelques heures passées en compagnie de l’ISA et des Helghast, force est d’admettre qu’il nous tarde d’en découvrir davantage sur la campagne solo de Killzone 2. Prenants et très rythmés, les premiers chapitres laissent entrevoir un solo de qualité. Dans l’état actuel des choses, il en faudra pourtant plus pour que Killzone 2 nous émerveille totalement. Si on peut difficilement attaquer son ambiance, sa plastique générale et sa débauche d’effets, le titre parait souffrir de quelques problèmes d’IA, de répétitivité et de linéarité. Avec une version preview datant du mois d’octobre, il y a tout de même de fortes chances pour que le jeu final se montre sous un jour encore meilleur. Vivement février, donc.
Ça me fait vraiment baver
C'est un des rares jeux qui me feraient acheter une PS3, avec Ratchet, Uncharted et les Motorstorm.
Pour le level design ça doit être quand même dur d'afficher de grands espaces avec autant de détails... à moins de faire un truc ultra scripté à la COD ou à la Call of...
Bonne preview en tous cas qui vient de dégoûter tous les possesseurs de PS3 !