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Crisis Core : Final Fantasy VII

 

Test Crisis Core : Final Fantasy VII






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24

JUI
2008
Toujours aussi peu enclin à faire ce remake réclamé à tort et à travers par les fans depuis maintenant des années, Square Enix n’en oublie pour autant pas d’entretenir le mythe Final Fantasy VII à coup de produits et de jeux dérivés plus ou moins réussis. Après un Before Crisis uniquement réservé aux téléphones portables nippons et un Dirge of Cerberus aussi frustrant que décevant, l’univers de Midgar et de la Shinra est de nouveau mis à contribution avec Crisis Core. Dix ans après la sortie de l’œuvre initiale, Crisis Core : Final Fantasy VII se pose ainsi en préquelle des aventures vécues par Cloud et sa bande. Une manière pour l’éditeur japonais d’exhausser une partie des doléances des anciens joueurs tout en éclairant un segment de l’histoire encore mal connu. La question étant de savoir qui du fan ou du banquier de Square Enix fera au final le plus grand sourire ?

We can be SOLDIER, just for one day


Shinra, Midgar, SOLDAT… les premiers termes auxquels le joueur est confronté en découvrant Crisis Core ne pourraient que difficilement mieux mettre dans l’ambiance. Nous voici donc de retour dans la cité de Midgar sous les traits de Zack, jeune membre du SOLDAT (SOLDIER en VO). Le hasard faisant bien les choses, celui-ci signe son arrivée dans cette préquelle comme Cloud signait la sienne il y a dix dans, à bord d’un train à destination de la cité contrôlée d’une main de maître par la Shinra. Si les premières minutes sont toujours importantes dans un jeu, il faut reconnaître à Square Enix la réussite du début de Crisis Core, caressant plus que de raison le fan dans le sens du poil. Par la suite, le jeu permettra d’apprendre comment Aeris et Cloud ont pu croiser Zack, ainsi que les raisons qui pousseront Sephiroth à devenir le grand vilain que l’on connaît.

Le scénario est donc au rendez-vous et permet réellement d’en apprendre plus sur ces fameux protagonistes. D’autant que suivre à la lettre ce que racontait Final Fantasy VII par de simples discours ou flashbacks n’est pas si facile que l’on pourrait le penser. Si on ne note à ce niveau là aucune incohérence, certains passages comme le développement de la relation entre Zack et Aeris ont tendance à être un peu trop vite expédiés. Beaucoup ne tiqueront pas mais nul doute que les fans, pourtant véritable cœur de cible du titre, regretteront le peu de temps accordé aux scènes mettant en avant les deux personnages.

En marge du développement du scénario, une part importante (voire même majoritaire pour les plus courageux) est laissée au mode missions. Ces dernières sont accessibles depuis n’importe quel point de sauvegarde et classées en plusieurs catégories selon des thèmes bien précis. Pas indispensables à pratiquer, les missions permettent surtout de récupérer des objets et des matérias puissantes. Ces dernières peuvent désormais être fusionnées dans une partie dédiée de l’inventaire, permettant des combinaisons très variées. On peut ainsi obtenir une matéria inédite ou une autre avec des caractéristiques plus puissantes. Ludique et bien fichu, la fusion est une vraie réussite dans le gameplay de Crisis Core. Les missions sont enfin une solution de choix pour augmenter fortement le niveau de Zack. Effectivement, quel que soit l’objectif présenté au départ, la finalité d’une mission est toujours la même, éradiquer un maximum d’ennemis.

Des combats et des couloirs. What else ?


Car hélas, Crisis Core : Final Fantasy VII est essentiellement un jeu fait de combats. Il y en a à tout moment ou presque, encore et encore. Mieux vaut débuter le titre en s’attendant à un gameplay plus proche du beat’em all que du RPG sous peine de grosses désillusions. Du début à la fin, Crisis Core aborde le même plan de jeu et s’en tient comme si sa vie en dépendait. Le joueur traverse des niveaux linéaires au possible, parsemés de combats et entrecoupés de cinématiques. Pas l’ombre d’un Gold Saucer, d’une balade en moto ou d’une sortie à pied dans le monde de Gaïa pour se changer les idées, tout est amené comme un plat à après l’autre, jusqu’à frôler l’overdose.

Heureusement, le titre de Square Enix dispose d’un système de combat original qui rend la punition bien moins méchante. A mi-chemin entre du tour par tour et du temps réel, Zack affronte seul tous ceux qui osent défier la Shinra. Le jeu adopte alors une interface inédite, avec en bas à droite de l’écran les différentes actions réalisables, de l’attaque à l’épée à l’utilisation d’une matéria équipée en passant par l’inventaire. Si un laps de temps plus ou moins court s’écoule entre la pression de la touche et l’action en elle-même, tout le reste est en temps réel. Les déplacements, qui permettent de prendre à revers l’armada ennemie pour infliger un maximum de coups critiques, mais aussi la garde et l’esquive. Cette dernière devient rapidement indispensable pour annuler un sort en cours et éviter les coups. Au final, on se retrouve avec un système de combat très dynamique, quoique malheureusement avec une tendance à être rapidement bourrin contre des ennemis faibles, mais toujours très agréable.

Vendredi 7, c’est jour de chance


L’autre originalité des combats, outre le mélange tour par tour et temps réel, est la présence d’un système proche d’une machine à sous de casino pour déclencher bonus et furies. L’engouement pour le Pachi-slot étant ce qu’il est au Japon, Square Enix a jugé bon de faire d’une pierre deux coups en mélangeant principes établis du RPG avec règles issues de ce jeu populaire. Les menus de combat sont ainsi constamment composés d’un système à trois rouleaux en haut à gauche de l’écran, où défilent sans cesse personnages et chiffres. Toutes les cinq secondes les personnages se stoppent et donnent lieu, en cas de combinaison gagnante, à divers effets. Un simple assemblage de chiffres donne un bonus pouvant aller jusqu’à une invincibilité temporaire. Si ce sont les têtes de personnages qui s’associent, le combat se met en pause et les trois rouleaux passent en plein écran dans un mode appelé Modulating Phase. Les chiffres et personnages des rouleaux se remettent alors à défiler, jusqu’à ce qu’ils s’arrêtent l’un après l’autre. Si le joueur obtient trois fois le même protagoniste, se déclenche alors une attaque spéciale en accord avec le vécu commun de Zack et du personnage en question. Obtenir deux chiffres identiques permet de faire progresser le niveau d’une matéria. Le level up se fait également de cette manière, en obtenant trois chiffres sept. Dans les faits cela se traduit par des combats jamais identiques, quand bien même le joueur affronterait plusieurs fois un boss avant de réussir à le battre. Cette part laissée au hasard et à la chance, on l’apprécie ou on ne l’aime pas, mais il est difficile de rester indifférent.

Techniquement, Crisis Core : Final Fantasy VII est incontestablement une belle vitrine pour la PSP. Personnages détaillés et décors plutôt jolis se mêlent à des cinématiques dignes des meilleurs long-métrages en images de synthèse. Seules ombres au tableau, les temps de chargement par moment bien longs, même en plein combat, et les astuces parfois un peu grosses (mur invisible, pseudos débris) pour garder le joueur sur des rails. La bande-son n’est pas en reste et propose un mélange entre titres issus de l’original et nouveautés collant assez bien à l’action. Du côté des bruitages c’est là aussi tout bon avec notamment le son de la petite main blanche des menus qui n’a pas pris une ride. Enfin, en ce qui concerne la localisation française, celle-ci se contente de sous-titrer dans la langue de Molière le doublage anglais en prenant plus ou moins de libertés sur cette dernière.

Xzyl.


7/10
CONCLUSION

Aussi beau et émouvant soit-il, Crisis Core : Final Fantasy VII n’en demeure pas moins un titre au mécanisme archaïque. On pourrait le résumer en trois mots : couloirs, bastons, cinématiques, mais ce serait sans rendre hommage au très bon système de combat mis en place. Si les fans seront très certainement enchantés de découvrir les racines du septième opus, Crisis Core reste loin des sentiments et des sensations procurés à l’époque. Qui plus est, un système de combat aussi bon et original soit-il, n’excuse en rien le level design ultra-linéaire et la surabondance d’affrontements. Crisis Core : Final Fantasy VII est ainsi un jeu correct, idéal à bien des égards pour les fans, mais encore loin du chef-d’œuvre qui lui a permis d’exister.
LES PLUS
+ L’univers, l’ambiance
+ L’originalité du système de combat
+ Un système des matérias, complexe et complet
+ Impressionnant graphiquement
LES MOINS
- Linéaire à en mourir
- Des combats, des combats et encore des combats
- Un gameplay peu varié





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