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Turok

 
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18

FEV
2008
Turok a soufflé ses dix bougies il y a peu. Une occasion certaine de remettre dans le feu de l’action l'indien chasseur de dinosaures ayant fait les beaux jours de la Nintendo 64. Après un changement de développeur que beaucoup considéreront comme bienvenu, c'est donc au tour de Propaganda Games de mettre les petits plats dans les grands pour cet épisode next-gen. Pari réussi ?

Bobby Sixkiller


Changement de génération aussi bien pour le support d'accueil que pour l'ambiance du titre. C'est effectivement au XXIIIème siècle que l'on retrouve Turok en tant que membre d'une unité de soldats de l'espace, tous plus nanar les uns que les autres. Exit d'ailleurs le beau sioux aux cheveux longs, place à Turok l'amérindien bouboule qui ne conservera de ses ancêtres que la coupe à l'iroquoise. Avec ses potes beauf, le voilà parti en vadrouille pour aller liquider un méchant devenu fou qui n'est autre que son mentor. Un scénario aussi plat que l'électrocardiogramme d'un mort, desservi par des flashbacks clichés au possible et des dialogues rappelant un téléfilm d'action à petit budget.

Le véhicule spatial des héros se crashe comme il se doit en pleine jungle, histoire de ne pas infliger trop longtemps au joueur des décors intérieurs d'une pauvreté difficilement discutable. On aperçoit enfin un peu de verdure, on s'arme alors d'un couteau et on respire l'air chaud et moite que l'on attendait depuis l'insertion du disque dans la console. On se voit déjà en train de tailler cette fichue jungle à la machette en guettant le moindre dinosaure féroce... Rien de tout cela n'est vraiment au programme.

La blague de Joe l'indien


On s'attarde quelque peu sur les troncs des arbres ainsi que sur l'allure du sol et ses herbes touffues pour constater qu'on reste dans le sympathique, ni plus ni moins. On jette un œil à la cime des arbres pour remarquer que leur feuillage est risible pour de la next-gen et on se prend à demander pourquoi armes et vêtements brillent quand aucun rayon de lumière ne parvient au sol. La farce est à son comble lorsqu'on rencontre les premiers ennemis humains, honteusement pompés sur ceux de Killzone. A l'image du reste de l'environnement du jeu, les soldats adverses brillent de mille feux sans raison aucune et on se demanderait presque quel phénomène paranormal frappe Turok.

On rit bien moins quand on passe à l'action. Les pétoires de Turok sont terriblement inefficaces et ce dernier va devoir par conséquent enchaîner les plus belles séries de headshots de sa vie s'il tient à survivre face à des soldats stupides et illogiques mais qui, eux, sont bien équipés. Toutefois l'indien de choc pourra, outre lancer des grenades ou prendre un flingue dans chaque main, se servir d'armes dignes de sa lignée et qui resteront certainement les plus efficaces de l'aventure. Il s'agit bien sûr de l'arc, qui mettra K.O. n'importe quel humain d'un seul coup, ou du couteau grâce auquel on zigouillera du dinosaure à n'en plus finir.

Car les amis sauriens seront une fois de plus présents dans cette aventure. Certainement plus beaux que les homo-sapiens-sapiens d'en face, ceux-ci se veulent redoutables tout en prenant soin de représenter une blague supplémentaire du titre. Mobiles et difficiles à atteindre à l'arme à feu, il suffira de s'approcher d'eux canif à la main et d'appuyer au bon moment sur une gâchette pour s'en défaire, cut-scene meurtrière à la clé. Un peu trop pratique puisque pouvant être déclenchée en pleine attaque des dinosaures, cette attaque au couteau met à mal l'intérêt du jeu. Enfin si vous ratez votre proie mais que elle vous tient, Turok ne mourra pas sur le coup pour autant : un rapide QTE vous permettra de vous en sortir avec quelques égratignures, d'autant plus que le niveau de santé de l'iroquois se rétablit automatiquement tant qu'il n'est pas agressé.

Couloir, mon beau couloir, dis-moi etc.


On avancera donc dans un premier temps à travers une jungle rectiligne et assez étroite, jusqu'à ce qu'une aire circulaire s'offre aux yeux du joueur. Ô joie, il s'agit là d'un lieu de combat où l'on pourra se défaire de dizaines de dinosaures à grands coups de cut-scenes, pour ensuite périr face à deux soldats vous fonçant bêtement dessus. Un schéma que l'on retrouvera tout au long de l'aventure même si passé le quatrième niveau, on aura droit à des aires de tir plus vastes représentant chacune de véritables mini-assauts à organiser au fil des game over. L'un des rares bons points du titre. Les environnements changent peu à peu et l'on se retrouvera avec quelques possibilités de gameplay sympathiques et des lieux un peu différents. On fera donc connaissance avec plusieurs types de dinosaures plus ou moins pacifiques, on traversera des décors désertiques ou des cavernes et l'on s'amusera à envoyer les dinos à la castagne à notre place après avoir trouvé le fusil à pompe. En effet ce dernier peut envoyer des fusées éclairantes affolant les reptiles, lesquels attaquent alors l'être vivant que vous aurez affublé d'un signal lumineux. Pratique mais très limité, la mèche des fusées étant au final assez courte et les dinos bien trop myopes.

Reste qu'après ce festival de game over dû autant à la puissance de feu des soldats et à l'éloignement imposant entre deux checkpoints qu'à l'impossibilité de viser précisément (à moins de ne jamais atteindre le butoir des sticks directionnels, ce qui demande donc beaucoup de tact en plein jeu), on se demande si le multijoueur vaut la peine d'être essayé. Malgré des cartes très ouvertes et gigantesques et du fait d’un nombre d'armes trop limité, on passera également peu de temps dessus. De plus, on ne pourra s'affronter qu'en deathmatch seul ou en équipe et pratiquer un bien classique Capture the Flag. Reste le mode coop à 4 avec ses cartes spécifiques, qui peut représenter un intérêt pour ceux qui ont eu le courage d'aller jusqu'au bout des 10 heures de jeu frustrantes de Turok sur next-gen.

Yato.


4/10
CONCLUSION

Turok restera dans les mémoires comme un FPS des plus basiques. Le seul plaisir du jeu réside dans l'orchestration occasionnelle de mini-assauts, au détour d'une série de couloirs injustifiés au beau milieu d'une jungle. Les différentes armes proposées sont assez inefficaces et seuls l'arc et le couteau, quant à eux bien trop destructeurs, seront de vraie utilité. La variété de dinosaures, dont on peut se faire l'allié, apporte un certain cachet à l'ensemble mais ne suffit pas à faire oublier les défauts du soft. Entre des personnages au charisme rappelant un mauvais nanar, un scénario au rabais, une difficulté très mal dosée et des ennemis crétins, il sera difficile d'avaler la pilule. Cela n'en sera d'ailleurs que plus dur sur PlayStation 3 où la réalisation en prend un sacré coup, sans excuse valable aussi longtemps après la sortie de la machine. Le mode multijoueurs rattrape à peine le coup avec sa coopération en ligne, les maps permettant de s'affronter étant par contre bien trop grandes et les armes à ramasser trop peu nombreuses pour réellement convaincre. A ne conseiller qu'aux grands fans de doom-like ou aux amoureux de la série.
LES PLUS
+ Les assauts de position
+ Les dinosaures
LES MOINS
- La difficulté mal dosée
- Des couloirs et encore des couloirs
- Les cartes multijoueur
- Le scénario





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  Format : Blu-Ray
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