Test membre de Slippy Toad, le 01.11.2008
8/10
The Force Unleashed (TFU) marque le retour en grâce d’une licence jusqu’à présent trop souvent maltraitée par les développeurs. En annonçant son nouveau projet, LucasArts suscita beaucoup d’espoir chez les joueurs impatients d’enfin découvrir le renouveau de la saga. L’attente fut longue mais le résultat en valait la peine.
L’histoire s’intercale entre les épisodes III & IV, venant ainsi combler les vingt années laissées vides entre les deux trilogies. Après l’indispensable texte défilant sur fond étoilé, la caméra plonge vers Kashyyyk dans l’orbite de laquelle stationnent des Destroyers impériaux. Une navette Lambda quitte la soute de l’un d’entre eux avant de se poser sur la surface de la planète. La rampe d’accès s’ouvre, une silhouette connue en descend. Dark Vador vient à la rencontre du Jedi Kento Marek. L’occasion pour le joueur de prendre le contrôle du seigneur Sith dans un niveau malheureusement trop court. Alors que Vador s’apprête à porter l’ultime coup au Jedi, un enfant lui retire son sabre grâce à la Force : il s’agit du fils de Kento Marek. Vador décide alors de prendre le garçon sous son aile. C’est ce personnage que le joueur incarne quelques années plus tard alors qu’il a pour mission de tuer Rahm Kota. Cette requête de Vador est l’occasion pour l’apprenti de parcourir de nombreux environnements.
Ces derniers sont très variés allant d’une usine de chasseurs impériaux à la Cité des Nuages en passant par Félucia. A chaque fois, c’est un véritable plaisir visuel, tant ils sont réussis et remplis de détails. Mention spéciale aux arrières plans qui ont bénéficié d’un soin particulier, principalement pour Raxus Prime, la planète poubelle. Les effets lumineux sont bien gérés, qu’il s’agisse des lumières naturelles ou artificielles. Les développeurs sont allés jusqu’à inclure des easter eggs, comme le prouve la présence d’un Faucon Millenium sur Raxus Prime. Les cinématiques sont elles aussi superbes, notamment celle au cours de laquelle un Star Destroyer se crashe. Si le tableau semble idyllique, quelques défauts viennent l’assombrir, comme les bugs de collision (deux en sept heures trente de jeu) ou les problèmes d’affichage de décors (absence d’une texture du sol par exemple). La gestion des caméras peut également poser problème, notamment lorsqu’elle est imposée. Ainsi, lors des moments cruciaux de l’aventure, elle a tendance à dézoomer subitement, nuisant à la compréhension de l’ensemble. Autre souci moins gênant mais venant briser la cohérence du titre, la couleur du sabre-laser de l’Apprenti est toujours bleue lors des cinématiques alors que le joueur peut lui attribuer une teinte différente. Un sabre vert ou violet lors de la partie devient systématiquement bleu lors des cinématiques...
Si graphiquement, le jeu s’en tire très bien, il est aussi efficace manette en main. Les pouvoirs de la Force se déclenchent très simplement et la puissance de Starkiller se fait sentir. Cette puissance va d’ailleurs crescendo du fait des améliorations des caractéristiques permises par la progression par niveau. Il est jouissif d’utiliser la Force sur un Stormtrooper qui devient alors une poupée dont le joueur peut faire ce qu’il veut. Décharger des éclairs puissants sur les ennemis est aussi une source de satisfaction. Il est bien entendu possible d’utiliser le sabre-laser même si le corps à corps passe au second plan. Quelques défauts sont malgré tout présents : le système de lock est capricieux et les sauts peu précis.
Terminons en précisant que la bande-son bénéficie de musiques et d’effets sonores tirés des films. Quelques autres compositions viennent s’ajouter à celle de J. Williams mais elles le sont discrètement et ne se font pas ressentir. Enfin, le doublage français est, pour une fois, de qualité.
Au final, si la durée de vie avait été plus longue et les bugs corrigés, TFU pourrait prétendre au titre d’excellent jeu mais à défaut, il peut déjà prétendre à celui de meilleur jeu Star Wars de ces dernières années.
Test membre de Matth, le 04.11.2008
9/10
The Force Unleashed. Trois mots qui en disent long sur le contenu du dernier jeu de LucasArts : la Force, élément central de la saga de George Lucas, se trouvera au cœur de l’histoire. Mais ici, on surpasse le simple rapport entre ce binôme a priori antinomique qui existe entre Côté Obscur et Côté Lumineux. Ici, on aborde un nouvel aspect de la Force, qui renvoie aux nouvelles conceptions de la Force Unificatrice, Force Vivante ou Force Insidieuse : la Force Déchaînée, un pouvoir prodigieux qu’utilisent ses adeptes, qu’ils soient Jedi ou Sith. Déchaînée, c’est un euphémisme, car chacune de ses utilisations dans le jeu renvoie sans cesse à son exploitation hyperbolique dans la série animée The Clone Wars.
Ceci s’explique par le fait que chacun des personnages se retrouve poussé dans ses derniers retranchements : que ce soit Rahm Kota, Maître Jedi, qui harcèle les positions impériales afin d’attirer Darth Vader, Kazdan Paratus, Jedi déchu ayant sombré dans la folie en raison de sa lâcheté lors de l’Opération Knightfall, Shaak Ti, survivante du Grand Conseil qui a choisi sa destinée, Maris Brood, apprentie jedi ayant sombré dans le Côté Obscur, ou le héros que vous incarnez, tous utilisent la Force comme peu d’être sensibles avant eux. Le contexte aidant, chacun est prêt à tout pour défendre sa cause, et s’apprête pour cela à déchaîner toute sa puissance. Vous vous retrouvez ainsi rapidement submergé par cette avalanche de pouvoirs et ce sentiment de parvenir à bout de tout ennemi qui se présentera.
A propos, vous n’êtes pas n’importe qui… Vous êtes juste l’Apprenti Secret de Darth Vader, celui-là même qui précéda Tao ou Lumiya dans l’Univers Etendu. Apprenti Secret de Darth Vader. Une appellation qui en dit long, compte tenu du charisme du Seigneur Noir. Ce-dernier vous a trouvé sur Kashyyyk, alors qu’il traquait votre père, Kento, dans le cadre des Purges. Vous vous êtes alors imposé à ses yeux comme l’objet d’un plan complexe : il vous fait croire que son objectif est de tuer l’Empereur, Darth Sidious… mais la trahison, qui est dans la nature même des Sith, va plus loin encore. Vous n’êtes que l’instrument de Vader dans la destruction des principaux ennemis de l’Ordre Nouveau : Bail Organa, Mon Mothma, et Garm Bel Iblis, les cosignataires du Traité Corellien qui donnera naissance à l’Alliance Rebelle et à laquelle on assiste d’ailleurs dans le jeu. C’est ainsi que vous, Galen Marek, nom de code Starkiller, accomplissez les bonnes œuvres de votre maître. C’est ainsi que vous traquez les Jedi survivants de l’Ordre 66… tout du moins, dans un premier temps, car le contexte change en apparence au bout d’un moment, et vos objectifs s’en trouvent profondément affectés.
Au cours de vos pérégrinations, vous traversez donc une usine de création de TIE-Fighters en orbite de Nar Shaddaa, le monde recouvert de déchets métalliques de Raxus Prime, la planète verdoyante Felucia et ses terribles rancors, une annexe de Cloud City en orbite de Bespin, mais aussi le cœur de la terrible Death Star, à la rencontre de l’Empereur Palpatine lui-même. Des décors aussi sublimes que sublimés par cette physique incroyable permise par le nouveau moteur de jeu créé par les concepteurs de LucasArts. Ainsi, voyager au cours de ces dix niveaux constitue une expérience jouissive, tant les décors sont magiques. Evoluer dans ces mondes s’impose comme un plaisir permanent, notamment en raison d’une jouabilité exemplaire, où l’on ressent ces pouvoirs mortels qui nous habitent, et où l’on se plait à aller sabrer tous les ennemis. Les QTE qui surgissent régulièrement afin d’achever un boss ne sont là quant à eux que pour renforcer cette aura de puissance et vous persuader d’assister à un spectacle permanent. Il est sûr que The Force Unleashed s’impose comme une réussite totale : il remplit aisément son contrat, se classe parmi les meilleurs titres du genre et les meilleurs jeux estampillés Star Wars. Naturellement, vous l’avez compris : ce test est celui d’un fan.