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Race Driver : GRID

 
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13

JUI
2008
Grand spécialiste du genre automobile avec ses séries Colin McRae et TOCA, le studio britannique Codemasters fait son retour sur PC, PS3 et Xbox 360 avec Race Driver : GRID, moins d’un an après la sortie de Colin McRae DIRT sur les mêmes supports. La série aborde ainsi la nouvelle génération de machines en oubliant son préfixe TOCA dans la transition, signe révélateur d’une tentative plus ou moins habille d’effacer un héritage pourtant riche de six réussites du genre. Peut-être jugée trop élitiste, la série TOCA fait donc place à un GRID plus aguicheur et plus nerveux, mais aussi moins pointu qu’auparavant. Au risque d’en décevoir plus d’un.

This is my world


Que la vieille carrière scénarisée des premiers opus semble bien loin ! Une fois de plus, elle a laissé place à un mode "simple" nommé ici Monde de GRID, basé sur la réputation et l’argent. Seul dans un premier temps et conducteur freelance pour qui voudra bien payer, le joueur se fait peu à peu un nom et un compte en banque pour ensuite créer sa propre écurie puis, une fois la réputation suffisante, engager un coéquipier. Le but sera alors de gagner un maximum d’argent et de devenir le pilote le plus reconnu. Mais comme le dit l’adage, l’écurie Ferrari ne s’est pas faite en un jour et c’est à force de compétitions remportées en Europe, aux Etats-Unis et au Japon que le joueur connaîtra une lente mais certaine ascension vers la gloire.

Avant de pouvoir concourir au niveau international à des courses de niveau élite, il va falloir obtenir plusieurs permis dans chaque région du globe. La progression est ici classique au possible, puisque l’acquisition des permis se fait en fonction de la réputation engrangée, de plus en plus importante au fil de courses quant à elles de plus en plus relevées. Si le classicisme de GRID peut paraitre effroyable, certains aspects apportent tout de même une note de gaieté. La possibilité de passer par eBay pour acheter et vendre ses véhicules au meilleur prix, le choix des sponsors, remis en cause par de nouvelles propositions toujours plus alléchantes à la fin de chaque épreuve, ou encore la possibilité d’engager et de renvoyer un coéquipier sont autant de petits détails très appréciables qui complètent de belle manière ce monde virtuel.

L'univers de GRID repose en tout et pour tout sur cinq disciplines. De la course sur piste avec le Grip Racing (variant en fonction des catégories GT, Pro Muscle, etc.), du Drift, lui-même composé de quatre types de défis, du Touge (une compétition japonaise en un contre un sur des routes de montagne), de l’Endurance et enfin du Demolition Derby, qui porte toujours aussi bien son nom. Il y a de quoi faire, évidement, mais en comparaison de son ainé qui allait jusqu’à proposer du Baja ou du 4x4 Monster le régime est drastique. Même constat pour les véhicules et les circuits puisque l’on retrouve 45 voitures et 50 tracés quand TOCA Race Driver 3 en proposait près du double. Dans les faits, seuls les fans de la première heure se sentiront lésés par cette cure d’amaigrissement, les néophytes découvrant un contenu déjà conséquent. Reste qu’il est toujours dommage de voir que le contenu régresse quand la réalisation elle, fait un bond en avant.

Race Driver GRID ou le jeu qui voulait plaire à tous


Une chose est sure, avec GRID les amateurs de jolies plastiques en auront pour leur argent. Le jeu utilise de fort belle manière le moteur Ego Engine, version améliorée du Neon utilisé dans Colin McRae DIRT. L’aspect peut sembler un peu plus pastique et un brin moins vivant que celui d’un Gran Turismo 5 Prologue mais il faut vraiment faire la fine bouche pour ne pas saluer le travail effectué par les développeurs. La modélisation des véhicules, aussi bien à l’intérieur de l’habitacle qu’à l’extérieur, est excellente et les dégâts sont admirablement rendus. Leur gestion est revanche plus laxiste, notamment lorsque l’on participe à de gros accrochages entre Formule 3000 n’ayant quasiment aucune incidence. Autre ombre au tableau, l’immobilisme des décors, avec des arbres statiques, aucun effet météorologique et bien peu d’animations chez les spectateurs.

Du côté du gameplay, là encore GRID cherche à séduire le plus grand nombre. Si TOCA Race Driver 3 avait déjà entamé en son temps un virage bien plus arcade que ceux empruntés jusqu’alors dans la série, Race Driver : GRID va encore plus loin. Le fait le plus marquant est sans aucun doute l’absence totale du moindre réglage sur sa voiture. De même, il est impossible d’effectuer des tours de qualifications pour tenter de démarrer une course en tête de peloton. Frustrants à plus d’une reprise, ces manques dignes d’un pur jeu d’arcade sont pourtant accompagnés d’éléments tirant vers la simulation. Le fait d’abimer boîte, direction, suspensions, roues ou moteur a ainsi une répercussion sur la conduite, jusqu’au point d’empêcher purement et simplement de terminer une course.

La conduite, d’une manière plus générale est servie par une prise en main très rapide. La première heure de découverte reste délicate pour découvrir le "style" GRID mais les courses suivantes ne manquent pas de piquant. Selon ses préférences, le joueur a la possibilité d’activer ou non plusieurs aides comme la transmission automatique ou la direction assistée. On sent la différence, surtout au niveau des freinages puisque le blocage des roues devient rapidement une autre histoire. Les transferts de masses ne sont en revanche pas bien méchants et il est rare de partir à la faute une fois la bête domptée. Si cela arrive, il est toujours possible d’utiliser la nouveauté qu’est le flashback, permettant de jouer du magnétoscope pour retenter une épingle vicieuse après s’être méchamment planté lors du premier essai. L’utilisation des flashbacks est limitée par le niveau de difficulté choisi, jusqu’à être carrément banni en mode Pro. L’IA en ce qui la concerne est plutôt réaliste, avec des pilotes pouvant finir dans les graviers et d’autres n’hésitant pas à prendre l’aspiration pour attaquer dès que possible. De quoi garantir un bon challenge, même seul face à la console.

Côté sonore, GRID oscille entre le très bon et le très moyen. On apprécie tout particulièrement l’effort fait sur la localisation française, avec des doubleurs plutôt convaincants dans le rôle du manager ou du coéquipier. Malheureusement les scripts ont tendance à s’emmêler les pinceaux par moment, annonçant un tête-à-queue juste devant alors que le joueur mène la course. Les moteurs sonnent plutôt bien et l'ambiance proche n’a pas grand-chose à se reprocher, que ce soit pour les chocs entre voitures ou le passage d’un revêtement à un autre. L’environnement général des circuits est à l’opposé plutôt discret, mais avons que l’on s’arrête rarement à côté d’une tribune pour écouter les cris des spectateurs. Enfin, pour terminer, un petit mot s'impose sur la partie multijoueur. On regrettera surtout l’absence d’un mode offline en écran splitté que l’Ego Engine ne semble toujours pas en mesure de gérer. Le online assure pour sa part l’essentiel avec des courses jusqu’à 12 et des options classiques (partie avec classement, matchmaking d’amis et partie privée). Pas inoubliable, mais de quoi passer quelques heures supplémentaires sur le titre.

Xzyl.


7/10
CONCLUSION

Si la première heure sur Race Driver : GRID peut s’avérer délicate à cause d’un gameplay au positionnement bâtard entre arcade et simulation, les courses suivantes se révèlent quant à elle bien plus plaisantes. Une telle orientation ne plaira pas à tous, c’est une certitude. Mais le titre de Codemasters offre aux autres un bon jeu de course, au fun omniprésent et à la durée de vie conséquente. En revanche, même en étant peu intransigeant sur le réalisme de la conduite, il est difficile de pardonner l’absence de tout réglage et de qualification. Il en va de même pour le contenu, qui signe malheureusement son passage à la haute définition par un essorage dont on se serait volontiers passé. Quoi qu’il en soit, Race Driver : GRID est un produit solide qui pourra répondre aux attentes de fans ayant déjà relégué Project Gotham Racing 4 au placard.
LES PLUS
+ Le fun au rendez-vous
+ Mode solo complet
+ Techniquement réussi
+ L’IA plutôt réaliste
+ L’effort de la localisation française
LES MOINS
- Aucun réglage
- Aucune séance de qualification
- Pas de météo
- Contenu en baisse
- Difficulté parfois mal dosée





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INFOS JEU
  Résolutions : 480p  720p  1080i  1080p
  Prix lancement : 69€ | Acheter
  Format : Blu-Ray
  Localisation : Version française intégrale
  Mémoire : 2298Ko
  Son : Dolby Digital