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Brothers in Arms : Hell's Highway

 
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13

OCT
2008
Les jeux vidéo et la Seconde Guerre mondiale, c’est un peu une histoire sans fin, à peine a-t-on le temps d’en finir un que trois autres pointent déjà le bout de leur MG40. Fort de son expérience acquise sur la série Brothers in Arms, Gearbox Software s’attaque pour la première fois à la nouvelle génération de consoles avec Hell’s Highway. Un titre annoncé pour la première fois en 2006 et qui accuse au final près d’un an de retard. Une bonne chose ?

Baker s'en va en guerre. Encore.


Après avoir été parachutés en Normandie un jour de juin 1944 pour l’opération Overlord, le sergent Matt Baker et ses hommes de la 101ème aéroportée vont une fois de plus devoir s’opposer à l’armée d’Hitler. Désormais engagée aux Pays-Bas pour l’opération Market Garden, l’unité que dirige le joueur se retrouve donc en pleine campagne hollandaise, dans des décors qui tranchent forcément avec Road To Hill 30, les précédentes mésaventures de Baker. Là où Call of Duty mise avant tout sur ses qualités de grand spectacle Hollywoodien à grand renfort de scripts, Brothers in Arms a toujours joué la carte des relations et des sentiments entre les frères d’armes. Hell’s Highway continue dans cette voie et propose au joueur de longues cinématiques utilisant le moteur 3D du jeu. Pas vraiment judicieux pour ne serait-ce que les expressions faciales, ces séquences sont en plus entachées par une synchronisation labiale affreuse qui vient gâcher les efforts consentis sur le doublage français. Des défauts regrettables, surtout lorsqu’il s’agit des principales scènes visant à instaurer une dimension dramatique à l’histoire. Fort heureusement, on se prend facilement au jeu et cette approche plus dramatique est un atout non négligeable pour qui est lassé de ce qu’offre la concurrence.

Comme dans les précédents épisodes, ce nouveau Brothers in Arms se distingue d’autant plus de la cohorte de FPS de guerre qu’il propose une approche un peu plus stratégique. Le joueur est constamment épaulé par d’autres soldats, répartis entre une à trois escouades. Il est alors possible de donner quelques ordres à chacune d’entre elles pour se faciliter la vie en ces temps meurtriers. Malheureusement, si ces possibilités s’avèrent utiles par moment, elles ne sont en rien indispensables. Il est possible de faire tout le jeu ou presque en laissant ses hommes à l’arrière, en décimant un à un tous les soldats du troisième Reich. Il faut dire qu’ils n’ont pas vraiment été gâtés avec leur Intelligence Artificielle digne d’un Playmobil. Du début à la fin, leur comportement restera le même : rester à couvert et tirer en attendant que la mort arrive. Dans un moment de chance, il arrive tout de même que quelques soldats aient la présence d’esprit de se replier pour mieux se mettre à couvert, mais c’est bien là le seul léger moment d’intelligence dont ils font preuve. La majorité des soldats, d’ailleurs incapables de lancer la moindre grenade, restent de véritables campeurs qui transforment les affrontements en guerre de tranchées pour qui veut partir seul à l’aventure, ou en boucherie pour les plus vicieux qui utiliseront leurs subordonnés pour prendre à revers les positions allemandes. Le nouveau système de couverture, à la Gears of War, est une bonne idée qui a malheureusement l’effet pervers de rendre encore plus facile le tir aux nazis. Dans cette position, derrière un mur ou des sacs de sable par exemple, le viseur devient de plus en plus précis, au point de rendre possible des headshots de 50m avec un simple fusil.

La guerre, ce gâchis


Techniquement, on peut se demander si Gearbox Software n’a pas eu du mal à maîtriser l’Unreal Engine après toutes ces années de développement. L’aliasing est omniprésent, la modélisation des protagonistes et des décors n’éblouie pas, le level design reste très linéaire, les effets de lumière sont dignes de l’ancienne génération de machines et les animations des ennemis pas très variées. Les impressionnantes premières images et présentations de 2006 ont donc débouché sur un titre techniquement décevant au regard des promesses de l’époque. Le jeu reste néanmoins honnête, grâce à une ambiance de qualité due notamment à des missions aussi diverses que variées (campagne, ville, nuit, pluie, etc.).

En ce qui concerne la durée de vie, six à huit heures suffiront à voir le bout de la campagne solo de Hell’s Highway. Assez plaisante, l’aventure n’est pas vraiment du genre à remotiver le joueur pour repartir au front avec un mode de difficulté fraîchement débloqué. A ce rythme-là, il faut vraiment être fan de la série ou de la Seconde Guerre mondiale pour investir au prix fort dans le titre. Mieux vaut également ne pas se procurer Brothers in Arms : Hell's Highway en prévoyant de jouer à de folles parties en multijoueur. Le jeu de Gearbox Software ne propose qu’un seul et unique mode, une sorte de mélange entre capture du drapeau et capture de zones, ainsi que des cartes qui se comptent sur les doigts de la main. Sans parler du lag, ce mode donne l’impression d’avoir été ajouté en catimini histoire de dire que le jeu en propose bien un. Et quand on voit le peu de parties en cours à toute heure de la journée, on comprend rapidement que certains ont préféré déserter les rangs.

Xzyl.


5/10
CONCLUSION

Le problème majeur de Brothers in Arms : Hell's Highway n’est pas tant de n’être qu’un énième FPS se déroulant durant la Seconde Guerre mondiale. A ce petit jeu, la série a déjà prouvé qu’elle savait se différencier de la concurrence pour proposer une approche originale et intéressante du conflit. Non, ce qui cloche est sans conteste sa courte durée de vie, sa réalisation limite et son IA décevante. L’inutilité du mode multijoueur, tout simplement bâclé, contribue également à cette déception. Brothers in Arms : Hell's Highway est donc loin du jeu inoubliable qui fera replonger avec passion les joueurs dans le conflit de 39-45 et ne restera dans les mémoires que comme un simple jeu moyen de plus.
LES PLUS
+ L’ambiance
+ L’aspect dramatique au profit du spectacle
+ Le système de couverture
+ Le doublage français
LES MOINS
- Réalisation passable
- L’Intelligence Artificielle
- Pas bien long
- Synchronisation labiale affreuse
- Multijoueur bâclé





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