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Mystery Dungeon : Shiren the Wanderer

 

Test Mystery Dungeon : Shiren the Wanderer






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08

AVR
2008
Mystery Dungeon : Shiren the Wanderer est l'adpatation DS du deuxième épisode de la saga Fushigi-no Dungeon, sorti à l'époque sur Super Nintendo. Si, quelques années auparavant, les jeunes joueurs étaient habitués à des titres difficiles et exigeants, la situation est toute autre aujourd'hui. Vous allez le voir, Shiren n'a rien perdu de son identité lors de cette conversion, ce qui semble être de loin son plus grand tort. Apparemment condamné à se balader en occasion d'une étagère à une autre, reste-t-il une chance que le RPG de ChunSoft joue au vilain petit canard ?

Aujourd'hui, Shiren part en balade


L'histoire assez peu intéressante vous met dans la peau de Shiren, un vagabond parmi tant d'autres, bien décidé à trouver fortune en rencontrant le grand Condor Doré, se trouvant apparemment à quelques bons kilomètres de son village natal. En effet, la créature mystique permettrait à qui la rencontre d'exaucer un souhait. Mais personne ne l'a jamais vue et pour cause : il faut pour cela arriver à la fin du jeu et, croyez-le ou non, c'est à s'en arracher les cheveux.

Au premier abord, on pourrait croire que Shiren The Wanderer est un action RPG classique. Mais il n'en est rien : il s'agit en réalité d'un gigantesque jeu de rôle au tour par tour dans lequel chaque ennemi agit en fonction de vos mouvements. Les combats se révèlent bien plus stratégiques que prévu et l'on comprendra très vite pourquoi tous les villageois nous rappelaient de nous déplacer en diagonale aussi souvent que possible, puisque l'on gagne un nombre conséquent de tours de jeu de cette manière.

Le gameplay est donc on ne peut plus simple une fois cela en tête. Il suffit d'explorer une carte générée aléatoirement, d'en trouver la sortie, puis de faire de même avec la suivante et ainsi de suite, jusqu'à rencontrer un village où il faudra se restaurer et améliorer son équipement. Ajoutez à cela quelques petites subtilités et objets spéciaux, telles les baguettes magiques aux effets multiples (paralyser, inverser votre position et celle d'un monstre...), les parchemins d'attaque ou d'amélioration, la nourriture pour gérer la jauge de faim de Shiren (sans quoi vos points de vie descendront à chaque pas) et les sacro-saintes jarres. Elles sont de plusieurs types et ont par conséquent des effets variés : mettre des objets dans certaines change leur nature, d'autres servent à emprisonner vos ennemis ou encore à vous soigner.

Tout se passera relativement bien jusqu'à votre premier game over, qui arrivera inévitablement de façon abrupte, inattendue et stupide. A ce moment-là, vous revoici dans votre village natal, sans objet, sans argent et avec un héros au niveau 1. Mystery Dungeon : Shiren the Wanderer, c'est ça.

Aujourd'hui, Shiren repart prudemment en balade


On reprend donc ses esprits et on se rend compte qu'absolument tout ce contre les villageois vous ont mis en garde vous est arrivé à un moment ou à un autre. On vous avait bien dit de ne pas vous approcher de l'inoffensif Change-En-Riz, qui pouvait transformer votre équipement en nourriture, mais vous l'avez fait et il vous est arrivé malheur. On vous avait conseillé de ne pas manger de viande d'ennemi non préparée, vous avez mordu dedans à pleines dents et il vous est arrivé malheur. Si Prudence est mère de Sûreté, Shiren the Wanderer est mère de Prudence. Parler avec les villageois n'a jamais été aussi indispensable à votre survie et vous apprendrez à écouter patiemment tout ce que ces derniers ont à vous dire, aussi inintéressant que cela puisse paraître, car Mystery Dungeon : Shiren the Wanderer est cruel et ne laisse aucun place à l'erreur.

On ne saurait d'ailleurs que trop conseiller d'effectuer la cinquantaine de missions ardues de la cabane de « tutorial » afin de comprendre les subtilités, fort nombreuses, du jeu. Puis on recommence son ascension vers les cimes, en quête de ce fichu Condor. A chaque village, on dépose un peu d'équipement dans les entrepôts pour qu'il soit disponible à votre prochain voyage, ou bien on envoie un coursier transporter votre plus précieux bien dans la ville de départ. On joue une bonne heure et on re-meurt bêtement.

L'occasion cette fois-ci de faire appel à la fonctionnalité inédite de cette mouture DS. En effet, il est possible, trois fois par tentative d'ascension, de demander à être secouru par un autre joueur online, contre rémunération ou non. De la même manière on peut, avant de sortir du village de départ, demander au missionnaire de la cité si des personnes ont besoin d'aide. On reprend donc la route si un altruiste de passage vous a offert une seconde chance. Un atout décidément pas négligeable au vu de la difficulté toujours grandissante du titre.

Aujourd'hui, Shiren hésite à partir en balade


A ce stade de l'aventure, deux approches du jeu sont possibles. Soit vous laissez tomber, rebuté à raison par l'hermétisme complet du titre (déplacements raides, concept répétitif, dialogues en anglais et surtout l'impression constante d'être à la fois perdu et pris pour un imbécile ayant craqué sur une jaquette attirante), soit vous persistez, à raison, dans ce dungeon-RPG tellement frustrant qu'il réussit au final à transporter le joueur au cœur du rétro-gaming, c’est à dire faire éprouver aux joueurs d'aujourd'hui les sensations d'antan. Bien que disposant d'un système de sauvegarde, tout game over écrase systématiquement votre dernière partie enregistrée pour que vous recommenciez depuis le début. Pas de levelling abusif dans une seule zone : un Dieu vous tue et vous renvoie manu militari au point de départ. Et même si le jeu vous permet de vous rendre dans les villages déjà visités depuis le début de l'aventure, cette option s'avère complètement inutile du fait qu'on ne peut décemment affronter un quelconque ennemi de mi-parcours avec un Shiren nu et de niveau 1.

Au niveau technique, on reste également dans l'old school, avec des graphismes 2D un poil plus fins que dans la version originale. On peut d'ailleurs en dire autant des musiques, qui comportent quelques arrangements et appogiatures supplémentaires, tandis que les bruitages sont, quant à eux, passés de proprement insupportables à assez bons. Le double écran est utilisé et vous permet d'afficher la carte du niveau, vos caractéristiques et votre statut, ainsi que d'autres choses encore. Le jeu propose également une jouabilité au stylet, mais on est souvent trop terrifié à l'idée de glisser ou d'utiliser inopinément un objet non-désiré pour en faire usage.

Malgré un contrat rempli pour cette adaptation, avec entre autres une vraie refonte sonore et un wifi très bien utilisé, on regrettera que certains aspects optimisables de la version SNES subsistent tels quels dans le jeu. Par exemple, bien qu'il soit à présent possible de choisir dans quel ordre effectuer les 50 tutoriaux, on déplorera le fait qu'entrer dans le dojo correspondant remette le personnage à zéro, y compris son inventaire ainsi que l'argent gagné, d'autant que lesdites missions vous récompenseront de la sorte.

Yato.


6/10
CONCLUSION

Mystery Dungeon : Shiren the Wanderer est l'exemple type du jeu hermétique. En anglais, expliqué par bribes abstraites par les PnJ, trompeur et particulièrement difficile, inutile de dire que ce RPG au tour par tour qui cache sa vraie nature semble tout faire pour ne pas être désirable. Toutefois, c'est également ce qui fait le charme de ce dungeon farouche à découvrir pas-à-pas qui rend son adaptation sur portable plutôt logique. Le potentiel de la DS est utilisé à bon escient, notamment le wifi permettant de se faire réanimer par d'autres joueurs. Mais, bien que certains aspects aient été retravaillés, on garde néanmoins en bouche une certaine impression d'inachevé après d'incessants allers et retours qui auraient pu être épargnés aux joueurs, notamment tout au long des 50 tutoriels indispensables. En fin de compte, un titre particulièrement prenant pour peu qu'on se donne la peine de persévérer dans l'aventure, chose qui n'est toutefois pas facile vu l'épaisseur de sa carapace.
LES PLUS
+ Le monde entièrement géré au tour-par-tour
+ L'univers riche en subtilités à découvrir
+ Durée de vie d'un jeu d'antan
+ Difficulté d'un jeu d'antan
LES MOINS
- Atrocement difficile et éreintant pour les nerfs
- Hermétique : le jeu ne se dévoile pas, c'est au joueur d'aller le découvrir
- Pas de VF pour les anglophobes
- Quelques problèmes d'optimisation au niveau des sauvegardes




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