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Etrian Odyssey

 

Test Etrian Odyssey






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15

JUI
2008
Etrian Odyssey débarque en Europe plus d'un an et demi après sa sortie nipponne. Développé par Atlus, ce dungeon-RPG archiclassique prend le pari de revenir, plus loin que de raison, aux origines du genre. Les rôlistes de la vieille école qui entassaient des cartes dessinées à la main sur Eye of the Beholder seront sans doute conquis par ce retour aux sources. Quant aux autres...

Jeu cherche scénario, personnages et plus si affinités


Autant le dire tout de suite, Etrian Odyssey ne plongera pas le joueur dans un univers scénaristique trop complexe. Une forêt labyrinthique dont on ne revient apparemment jamais attirait les aventuriers du coin il y a pas mal de temps, mais trop y ont laissé la vie pour que l'on ait envie de s'y risquer, malgré les promesses d'incommensurables trésors. C'est là qu'arrive le joueur : frais, pimpant et bien décidé à descendre les 30 étages qui composent les bois d'Yggdrasil en trois coups de cuillère à pot.

On commence donc par créer sa guilde à Etria, la seule et unique ville du jeu. Sept classes sont accessibles depuis le début et deux autres seront à débloquer beaucoup plus loin dans l'aventure. Bien que la guilde puisse accueillir une trentaine de protagonistes personnalisés de manière sommaire (un nom et une image parmi 4 disponibles par classe), on ne pourra emmener que cinq compagnons au combat à la fois. Il sera donc nécessaire de jongler dans la composition de son équipe selon les variétés de faune locale car, et c'est une bonne chose, les capacités liées aux Jobs proposés s'avèrent assez variées. Ce n'est toutefois pas le cas de la ville et de ses habitants : une unique taverne et les quartiers généraux du Radha confient quelques quêtes au joueur à l'occasion, entre deux passages dans la seule auberge du jeu et quelques emplettes chez Oriana, une bien solitaire commerçante.

Un cœur costaud


Passées ces premières formalités, on se lance donc à l'aventure. Sur l'écran du haut, on se déplace à l'aide des croix directionnelles en vue à la première personne, en suivant toutefois une disposition par cases. Sur l'écran tactile par contre, une carte, quelques outils de dessin et des gommettes représentant ennemis, trésors et autres pièges sont à disposition. En effet, on opèrera à l'ancienne dans Etrian Odyssey : on avance vers l'inconnu et, si besoin de repères il y a, on se débrouille seul. L'ensemble est fonctionnel et plutôt utile, à moins que l'on n'active le tracé automatique de la carte dans les options du jeu, ce qui ruine un peu l'aspect exploration de l'aventure.

Les combats ne tardent pas à arriver ; leur imminence est même signalée par un petit radar coloré en bas de l'écran. Lorsque ce dernier vire au rouge, une rixe se lance, toujours en vue à la première personne. On ne voit pas ses personnages à l'écran et l'on affronte ses ennemis dans un tour-par-tour classique. Mais ces premières rencontres s'avèrent bien vite douloureuses : le joueur, seul avec sa carte et son couteau, se fait malmener dès le départ. Ce niveau de difficulté élevé le poursuivra d'ailleurs tout au long du titre, mais il s'agit d'un mal nécessaire pour forcer l'aventurier à avancer prudemment et intelligemment dans le labyrinthe d'Yggdrasil. La mort y arrive très vite et, si progresser dans la forêt s'avère difficile, ménager ses ressources pour éviter un game over sur le trajet retour l'est tout autant. Certes, quelques objets permettent de revenir plus vite en ville, mais on dépensera l'essentiel de son argent dans des résurrections de personnages ou dans des nuits à l'auberge de plus en plus chères.

Heureusement, la panoplie de compétences des personnages progresse au fil des allers-retours. A chaque niveau remporté, un point est à attribuer de façon définitive à l'une des caractéristiques ou capacités du héros. Toutes ne sont pas accessibles dès le départ, la plupart demanderont généralement de maîtriser plusieurs compétences de base à des niveaux élevés avant de faire leur apparition. A haut niveau, un héros peut également raccrocher pour laisser la place à une nouvelle recrue disposant de plus de points à distribuer à la création, ou bien se reposer, perdant ainsi dix niveaux contre certains de ces précieux points, tout en laissant le joueur réarranger les précédents.

Après quelques étages, la gestion de ses héros ainsi que celle des combats prennent un tournant plus tactique et révèlent leur profondeur. De plus, si les rencontres arrivent de façon aléatoire, d'autres ennemis nommés Djinns sont visibles et effectuent des rondes dans le donjon. Faisant office de boss, ces derniers continuent de se déplacer pendant que le joueur combat, ce qui les autorise à rejoindre une bataille en cours pour changer la donne.

Rythme de croisière


Mais un souci viendra gâcher le plaisir de beaucoup de joueurs : le rythme de l'aventure. Si les combats s'avèrent effectivement intéressants et l'exploration prenante, les allers-retours incessants auront tôt fait d'agacer les joueurs pas forcément adeptes du genre. D'autant plus que, sur les 30 étages qui composent le titre, on ne trouvera un téléporteur pour Etria que tous les 5 niveaux. Sachant que découvrir l'intégralité d'un étage prend un nombre pluriel d'heures, la durée de vie est certes au rendez-vous mais le prix à payer est peut-être un peu fort. La montée en niveau des personnages est elle aussi longuette et pour cause : de trop petits ennemis ne rapportent effectivement que très peu d'expérience, mais des gains décents supposent un affrontement avec des bêtes bien trop dangereuses pour être affrontées ne serait-ce que trois fois de suite. Sachant que rencontrer ces dernières nécessite généralement quelques longues minutes de descente aux enfers, on se retrouve à passer un temps affreusement long dans des allers-retours simplement exaspérants.

Bien que la réalisation graphique serve bien l'ensemble, ce n'est pas la variété des décors qui vaincra la lassitude des voyages. La palette de textures plutôt réussies change tous les cinq sous-sols et si les sprites des personnages sont agréables à l'œil, on ne regrette que d'autant plus leur faible nombre. Les ennemis, par contre, se renouvellent presque tous les étages et ont quant à eux fait preuve d'un soin certain. L'aspect sonore, quant à lui, rappelle l'époque de la Super Nintendo ; mais bien que convenant assez au retour en arrière proposé, on en aura bien vite assez malgré la qualité des compositions. Enfin, les textes du titre ont été traduits dans un français très correct.

Yato.


7/10
CONCLUSION

Atlus signe délibérément avec Etrian Odyssey un dungeon-RPG qui ne plaira pas à tout le monde. Rebutant par sa difficulté ainsi que par le temps que met le titre à dévoiler la profondeur de son système, celui-ci s'adresse clairement au même public qu'un Shiren the Wanderer. A l'instar du trip rétro de ChunSoft, c'est au joueur de dompter l'impardonnable labyrinthe d'Yggdrasil, malgré ses quelques défauts. Entre une progression très lente et des allers-retours incessants, inutile de dire que les simples curieux passeront vite leur chemin. Les fanas du genre apprécieront quant à eux l'adrénaline d'un game over pouvant surgir de nulle part, ainsi que le fait de pouvoir à présent stocker leurs cartes en jeu et non sur des montagnes de feuilles de brouillon.
LES PLUS
+ Une touche graphique soignée
+ Challenge long et profond
+ La cartographie fonctionnelle
LES MOINS
- La durée de vie un peu artificielle
- Uniquement appréciable sur le long terme
- Le rendu peu travaillé des musiques, malgré des compositions inspirées





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