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Castlevania : Order of Ecclesia

 

Test Castlevania : Order of Ecclesia







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03

JAN
2009
Sortie en fin d'année dernière, la dernière aventure estampillée Castlevania se veut la vitrine de la nouvelle orientation que Konami réserve à sa saga culte. Placé sous le signe du renouveau, le jeu tranche avec les précédents opus Nintendo DS pour proposer une ligne de conduite quelque peu différente dans son histoire et son déroulement ainsi qu'une difficulté beaucoup plus élevée. Une sorte de retour aux sources après des épisodes que les fans avaient critiqué pour leur côté trop « casual ». Réussite ou déception ? La réponse dans les quelques paragraphes qui suivent.

Et sinon Belmont ?


La première chose qui frappe le joueur habitué de la série c'est l'absence de toute mention aux Belmont. Dès le début du jeu, Konami surprend en décidant de ne plus axer l'histoire autour de la célèbre famille de chasseur de vampires. Plus question donc de fouet ancestral, du fameux « vampire killer », mais place à l'ordre d'Ecclésia, une société secrète fondée par les hommes pour pallier à la disparition du clan. Cette organisation est dirigée par le vieux Barlowe et n'a qu'un seul et unique but : utiliser les glyphes Dominus pour détruire une fois pour toute l'âme de Dracula. C'est là qu'entre en scène Shanoa, la nouvelle héroïne de l'aventure. Celle-ci a été spécialement formée puis choisie par Barlowe pour prendre possession desdits glyphes et détruire définitivement l'ennemi. Cependant, ce choix ne plait pas à tout le monde et Albus, un autre membre puissant de l'ordre, s'empare du glyphe avant que Shanoa ne puisse l'utiliser. Le joueur devra donc partir à sa recherche et récupérer le pouvoir du Dominus.

C'est sur ce simple postulat de départ que débute le jeu. Cependant, Konami a réservé de nombreuses surprises à commencer par l'aventure découpée en deux temps. Une première partie qui consiste à poursuivre Albus et qui se finit relativement rapidement, une seconde qui ne se débloque qu'une fois certaines conditions remplies et qui consiste en l'exploration du château de Dracula. Deux morceaux de choix, à part entière, pour deux fois plus de plaisir que complètent un mode assaut du boss, la possibilité de rejouer l'aventure avec Albus et celle de recommencer le jeu dans des niveaux de difficultés encore plus élevés.

Castlevania ultra


Digne héritier des deux précédents titres, Order of Ecclesia affiche ce qu'il y a de plus beau en 2D avec comme toujours des monstres en 3D. La grosse nouveauté résidant dans des arrières plans plus souvent animés qu'autrefois et conduisant quelques fois à des ralentissements pas bien gênants. Cette remarque faite, le jeu est un modèle de réalisation technique et artistique. Fluide, rapide et baignant dans une atmosphère bien plus sombre et gothique qu'un Portrait of Ruin, le soft est un régal visuel. Tout est travaillé dans le souci du détail et les finitions sont impeccables. Cela est en grande partie dû au découpage de l'aventure : si jusqu'à présent la série reposait sur un unique château à explorer avec des donjons cachés en son sein, cette époque est désormais évolue. Order of Ecclesia propose différents niveaux reliés entre eux par des zones de transitions à nettoyer (marais, montagnes, récifs). L'avantage est de soumettre ainsi un périple cohérent, permettant de proposer des univers variés. Et si la seconde partie de l'aventure se déroule dans le très connu château de Dracula, les développeurs ont réussi à bien le remettre au goût du jour : le joueur retrouvera ainsi certaines salles et zones connues mais les pièges et le level design, tortueux comme jamais, donnent une véritable impression de renouveau.

Idem concernant les monstres affrontés. Si certains ne sont pas jeunes, il y a tout de même de bonnes grosses nouveautés et le bestiaire est encore plus glauque et trash qu'à l'accoutumée. Les monstres prennent parfois tout l'écran et explosent en petits morceaux avec projections sanglantes en sus. Mention spéciale pour les boss qui sont pour la plupart véritablement impressionnants. La bande son est également renouvelée avec des voix et des bruitages parfaits qui viennent se caler en harmonie sur des musiques changées et particulièrement réussies.

Ça Glyphe au pays des merveilles


Pour s'en sortir, Konami met à la disposition des joueurs un tout nouveau système qui se rapproche plus ou moins de celui de la collecte d'âmes. Presque tous les ennemis possèdent un glyphe particulier à capturer. Ceux-ci sont variés et permettront d'utiliser armes blanches, magie ou de booster ses compétences. La force de ce système réside en fait dans la complémentarité de ces glyphes et dans la possibilité de créer des combinaisons. En effet, notre héroïne peut équiper sa main gauche et sa main droite, plus un glyphe spécial. Il sera ainsi possible d'alterner arme de courte portée et arme de longue portée ou encore d'équiper les deux mains du même glyphe pour déclencher un sort ou un effet dévastateur.

Ce système bien pensé va de pair avec la nécessité de connaître toutes les possibilités offertes : chaque monstre est plus ou moins sensible à un ou plusieurs types d'armes et il faudra constamment alterner entre les sorts pour espérer causer des dégâts. Cette règle est d'ailleurs particulièrement vraie contre les boss qui ne rigolent plus du tout et ne se passent pas sans un examen minutieux de leur tactique. Heureusement, le jeu offre la possibilité de garder en mémoire trois types de configuration. Au rayon des nouveautés également, il faut noter l’opportunité d'utiliser par un glyphe spécial de s'accrocher par magnétisme à certains points pour atteindre des zones surélevées ou pour passer certains passages dangereux. A ce sujet, et notamment dans la salle d'entraînement, il est assez difficile de bien cadrer à la croix directionnelle la direction de saut souhaitée. Ce glyphe aurait donc mérité un peu plus d'ergonomie dans son utilisation.

Ecclésia stick


Pour autant, le gameplay ne s'en trouve pas radicalement changé et les habitués reprendront rapidement leurs marques. Ils retrouveront donc les mouvements de base de la série avec glissade et esquive arrière. L'aspect RPG est bien entendu toujours présent : il sera plus que jamais nécessaire de bien customiser son équipement et de se livrer à des séances de level up salutaires sans lesquelles il sera impossible de passer certains boss ou certains passages. Le jeu est donc globalement beaucoup plus difficile que ses prédécesseurs : les ennemis font très mal, causent beaucoup de dégâts et si la bonne arme n'est pas trouvée n'en encaissent quasiment aucun. Il faut ajouter à cela un nombre réduit de salles de sauvegarde et des boss parfois très frustrants pour obtenir une difficulté qui rebutera les joueurs les moins persévérants.

Pour finir sur les innovations de cet épisode, il faut signaler la possibilité de placer des marqueurs sur la carte afin de noter la position de coffres ou d'endroits secrets. De même, les niveaux comportent désormais plusieurs entrées et sorties. Dévoiler toute la carte prendra donc un certain temps et le jeu se paye une très bonne durée de vie, gonflée par les missions secondaires que vous confieront les villageois délivrés, pas toujours passionnantes cela dit.

Lestat.


8/10
CONCLUSION

Konami signe ici un très bon épisode de Castlevania, sans doute le meilleur depuis le retour de la série sur console portable. Le jeu est beau, profond, long et addictif une fois que l'on a accepté le fait de mourir plusieurs fois avant de trouver la bonne combinaison ou la bonne tactique. La difficulté pourra donc être un frein au plaisir de certains joueurs mais pour les autres, le jeu ne présentera finalement que du bonheur. Shanoa est une nouvelle héroïne pleine de charisme et de charme que l'on espère vivement retrouver dans un prochain épisode. Un hit que les fans ne peuvent bouder, d'autant plus que les fonctionnalités Wi-Fi et les nombreux bonus tiendront longtemps en haleine.
LES PLUS
+ Beau
+ Bestiaires et environnements bien renouvelés
+ Les boss monstrueux
+ Aventure captivante
+ Shanoa et les Glyphes
+ Dur et long
LES MOINS
- Quêtes secondaires parfois peu palpitantes
- Pas de difficulté intermédiaire, très dur dès le départ





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