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Ace Attorney : Apollo Justice

 

Test Ace Attorney : Apollo Justice






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10

JUI
2008
Alors que le troisième épisode de la série des Phoenix Wright n'a pas encore vu le jour en Europe, voici que le quatrième pointe le bout de son nez sous nos latitudes. Une impasse pas forcément compréhensible au vu du programme de ce nouvel opus, qui suit à la lettre la recette fédératrice de ses ancêtres. Après un bon paquet d'affaires classées et avec des héros plus enfantins, suggérant une ambiance moins noire, la sauce à l'avocat prend-elle toujours ?

Témoins de Jéhovah


C'en est donc fini de la légende vivante qu'était Phoenix Wright. En effet, il semblerait que ce dernier ait falsifié des preuves dans une affaire douteuse sept ans auparavant, le forçant à se retirer du barreau. On incarnera donc ici le jeune Apollo Justice, avocat de la défense débutant et sans le sou, qui va se retrouver confronté à l'épave de l'avocat le plus bluffeur de sa génération, à présent bien installé dans sa trentaine et père de Vérité Wright, apprentie prestidigitatrice.

Contrairement aux épisodes précédents (mis à part l'affaire bonus de la première cartouche), les affaires présentées ici sont toutes inédites et étudiées pour la portable au double-écran de Nintendo. Ainsi, on retrouvera les relevés d'empreintes à la poudre ou au plâtre initiées dans la première intrigue additionnelle. Mais aussi et surtout, les pièces à conviction sont à présent modélisées en 3D et les examiner sous plusieurs angles permettra généralement de dénouer bien des mystères. Un petit plus qui permet de renouveler les types d'incohérences dans les témoignages de la partie adverse.

Dans le fond, le gameplay n'a que très peu changé. On alterne les séquences d'enquête s'apparentant à un point & click en vue à la première personne classique, avec dialogues rythmés par les images presque fixes des personnages rencontrés. Puis viennent les procès dans lesquels les témoins se succèdent en omettant quelques détails, volontairement ou involontairement. Le joueur doit alors prêter attention aux différentes affirmations de ces derniers et les couper d'un tonitruant « Objection ! » via le micro de la console en présentant une incohérence dans leur déposition. Mais contrairement à un point & click classique, on n'aura droit qu'à un nombre limité d'erreurs, privilégiant ainsi la réflexion à l'essai systématique de tous les objets trouvés sur chaque phrase du témoignage.

Si Phoenix Wright pouvait compter sur l'aide surnaturelle de Maya Fey, capable d'appeler les esprits des morts, ainsi que sur son Magatama, permettant de déceler les blocages psychologiques des personnages, Apollo Justice est quant à lui aussi fin observateur qu'un joueur de poker. En touchant son bracelet sur l'écran tactile, l'avocat aux yeux de lynx peut zoomer sur un témoin et passer ses paroles au ralenti. A lui alors de déceler un tic nerveux apparaissant à l'évocation d'un moment en général ou d'un mot en particulier. Il devient alors possible de déstabiliser le personnage sans aucune preuve.

Passez-leur les menottes


Ainsi, l'intérêt des procès se trouve décuplé : si les précédents épisodes ne nécessitaient qu'une étude des dialogues et de leur cohérence avec les pièces à conviction, il faudra à présent inspecter et retenir les attitudes des personnages selon les terrains sur lesquels l'interrogatoire du joueur les entraîne. Un réel plus qui compense la restriction de liberté plutôt importante de ce nouvel opus. En effet, les fiches des personnages, souvent nombreuses, ne sont plus présentes en tant que sujets de conversation ou comme pièces à conviction, ce qui place le joueur sur des rails encore plus étroits que précédemment.

Dans le même sens, les retournements de situation des procès ne peuvent être accélérés, même si l'on a déjà compris les tenants et aboutissants de l'affaire. On se retrouvera donc parfois à devoir faire semblant d'abandonner le combat afin qu'un personnage apparaisse pour remonter le moral d'Apollo, lui donnant alors une nouvelle piste que les plus malins auront aperçue depuis longtemps.

Circule, gamin, y'a rien à voir


Mais que l'on ne s'y trompe pas, les affaires d'Apollo Justice ne sont pas simplistes pour autant. Toujours aussi bien écrites, on décroche difficilement d'un dossier tant que l'on n'en a pas vu le dénouement. Même le scénario d'introduction se révèle plus profond que celui des épisodes précédents et la résolution de chaque affaire prendra entre trois et cinq heures.

On pourrait se demander si l'ambiance ne perd pas de son charme avec des héros au look enfantin. En effet, les bonnes bouilles d'Apollo et Vérité couplées à la bienveillance du nouveau procureur Gavin pourraient laisser croire à un volet plus gentillet. Mais au final, on retrouve un humour identique à celui-des derniers volumes et, si l'ensemble est effectivement moins noir que le final de Justice for All, on ne tombe en aucun cas sur un « épisode pour enfants ».

Les musiques graves ou emportées sont en effet toujours là pour soutenir l'action ou nos plus belles tirades. Mais, malgré le remix de quelques thèmes, on regrettera qu'un bon nombre d'entre eux ait été simplement repris tels quels des volets précédents. Les graphismes, par contre, ont pris un petit coup de jeune : les traits des sprites s'avèrent plus fins et quelques scénettes en 3D font leur apparition dans la série. Enfin, malgré quelques coquilles, la traduction française s'avère comme d'habitude de bonne qualité, allant jusqu'à modifier les noms originaux des personnages pour traduire certains jeux de mots.

Yato.


7/10
CONCLUSION

Contrairement à ce que l'on pourrait croire, Capcom ne fournit pas avec Ace Attorney : Apollo Justice une suite facile, encore moins un épisode au rabais. Si le character design s'avère un poil plus enfantin que dans les épisodes précédents, les affaires inédites du nouvel avocat, elles, nécessitent les mêmes capacités de déduction qu'auparavant. Mieux encore, les pouvoirs spéciaux d'Apollo demanderont à présent d'être également observateur en plein tribunal. La chasse aux tics nerveux et la possibilité d'examiner les objets sous plusieurs angles font souffler un petit vent de fraîcheur sur le gameplay dont on regrettera toujours la rigidité, le joueur étant une fois de plus étroitement guidé. Quoi qu'il en soit, les scénarios s'avèrent toujours aussi intéressants à suivre et, pour peu que l'on aime le genre, il n'y a aucune raison de bouder un Apollo qui assure sans conteste une relève digne de son prédécesseur.
LES PLUS
+ Les affaires, toujours captivantes
+ Le jeu fait vraiment appel aux capacités de déduction du joueur
+ La galerie de personnages
+ Un vrai nouvel épisode
LES MOINS
- Dirigiste
- Les musiques trop souvent reprises des anciens volets





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