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The Club

 
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23

FEV
2008
Développé pour le compte de Sega, The Club emmène les développeurs de Bizarre Creations hors de leurs sentiers battus. En voulant combiner une réalisation qui se veut digne des consoles de salon et un gameplay old school, le studio de développement a sans aucun doute pris un pari risqué. Entre un bon jeu apprécié par une minorité ou un mauvais titre adulé par une poignée d'anticonformistes, parfois il n'y a qu'un pas. Sur cette balance, de quel côté le club penche t-il ?

Il était une fois, dans une salle d'arcade...


L'histoire de The Club tient en quelques lignes. Huit personnes ont été kidnappées par une organisation, le fameux Club, afin de satisfaire quelques pontes s'adonnant à un jeu d'argent meurtrier. Placés dans 8 environnements riches en tout ce que la terre compte de malfrats, les candidats doivent arriver au bout d'un tracé parsemé de tueurs armés. Mais survivre ne suffira pas, loin de là, le but étant de marquer un maximum de points dans chacune des épreuves proposées.

C'est là que l'intérêt principal du titre entre en jeu. Après chaque meurtre réussi, une barre de combo s'affiche en haut à droite de l'écran, vous accordant un multiplicateur de points. Ce dernier vous imposera de tuer d'autres personnes avant que le compte à rebours ne retombe à zéro. Les ennemis reviennent exactement au même endroit chaque fois que vous relancez un niveau et il est donc possible, pour ne pas dire obligatoire, d'apprendre les circuits par coeur. Il existe quelques subtilités permettant d'engranger des points supplémentaires : un tir de loin, à la tête, un shoot effectué après une roulade ou encore un demi-tour. Ajoutez à cela les panneaux « Crâne » dispersés à quelques endroits stratégiques des niveaux et qui permettent de remplir à nouveau votre jauge de combo, alors vous voici avec une recette parfaite pour motiver les acharnés du high score.

Enter your initials


Le jeu propose donc de concourir au tournoi The Club avec l'un des 6 personnages de départ, deux autres étant à débloquer par la suite. Huit séries de 6 épreuves sont à remplir, lesquelles seront après coup rejouables une par une. On pourra même mettre en place son propre tournoi en créant sa propre série de défis en mode custom. De Renwick le bon flic à Seager le millionnaire blasé en passant par Dragov le serial killer russe, la plupart des personnages ont une tronche bien à eux ainsi que des caractéristiques classées selon trois variables : vitesse, endurance et force. Ces différences sont effectivement palpables d'un personnage à l'autre et se révèleront aussi utiles qu'un usage ordonné des nombreuses armes classiques disponibles, afin d'atteindre les scores les plus élevés. Le jeu se pratique en quatre modes de difficulté, le premier étant réservé aux personnes n'ayant jamais tenu une manette en main alors que le dernier, à débloquer, mettra définitivement fin à l'impression que tous les ennemis sont armés de pistolets à billes. Mais plus que la difficulté à survivre durant les étapes, c'est le nombre de points demandés pour chaque épreuve qui augmentera, obligeant donc à refaire les niveaux plus de fois encore.

Ces derniers auraient peut-être gagné à être plus variés. Si le manoir et le paquebot se démarquent du reste, il faut avouer que l'aciérie, la prison et les ruelles restent dans des tons bien ternes. Les épreuves proposées ne sont pas toutes intéressantes : devoir rester trois minutes dans une zone d'à peine 3 m² et dégommer au fusil à pompe tout ce qui passe à portée de viseur n'est pas un programme des plus réjouissants. D'autres par contre relèvent agréablement le niveau, notamment les missions en temps limité demandant de faire plusieurs tours d'un même circuit. Il faudra alors mettre en place une certaine stratégie pour ne pas se retrouver avec un multiplicateur de combos au plus bas. Dans tous les cas, les 48 épreuves sont relativement courtes et se prêtent au final assez bien à la rejouabilité.

Définition de la lourdeur


Si le jeu possède un design attrayant en sus d'une réalisation honnête pour la machine ainsi que des niveaux très bien calibrés par rapport au concept, il n'est pas exempt de défauts. Le plus important concerne la mobilité du personnage. Bien qu'une rotation lente soit assez conseillée pour des tirs précis à la manette, on ne pourra que célébrer la présence d'une touche demi-tour et pleurer l'absence d'une autre dédiée aux virages à 90° tant ces derniers sont longs. Si ce souci ne nuit pas tant que cela au mode solo, il rend le multijoueur complètement désuet. Pourtant bien fourni en modes de jeu (deathmatch, protection de VIP, capture de drapeau, assaut...) on préfèrera en rester à battre des records solo qui seront ensuite diffusés online plutôt que de subir un jeu de shoot où tourner autour de son adversaire en lui tirant dessus n'est pas chose aisée. D'ailleurs se connecter à une partie prend tellement de temps que l'on laisse généralement assez vite tomber, ce qui explique certainement le peu de personnes présentes sur les serveurs à une période pourtant aussi proche de la date de sortie du soft.

Le deuxième défaut concerne la bande-son et notamment les bruitages. Outre les bugs audio rien qu'à la présentation de son personnage, on ne pourra également que huer les doublages français et chercher comment réduire les armes à feu au silence tant leurs crépitements, très peu réalistes, nuisent au reste du titre. En lieu et place d'un gros jeu de tir arcade, on se croît en plein milieu des éliminatoires régionales de paintball animées par un Frédéric Miterrand sous Valium.

Enfin le dernier problème tient au concept du titre en lui-même. En effet, bien que les environnements différents trompent la lassitude, on se retrouve au final à constamment courir et à tirer sur des ennemis qu'on aurait très bien pu remplacer par des panneaux en carton. Ceux qui ont la passion du score adoreront et célèbreront l'audace d'un retour aux sources dans le contexte actuel, les autres ne trouveront strictement aucun intérêt au titre. Un conseil donc à tous ceux qui auraient l'occasion de s'essayer à The Club avant de l'acheter : afin de vérifier que vous accrochez au concept, mieux vaut s'attarder sur la même épreuve que de découvrir trois niveaux différents.

Yato.


5/10
CONCLUSION

The Club aurait pu être un bon titre mais malheureusement, il ne trouve écho qu'auprès des vieux de la vieille ou des mordus du high score. Ses personnages ont un design accrocheur et ses niveaux s'avèrent bien calibrés, bien que certains soient relativement inintéressants. Mais une bande-son française lamentable et des bruitages au rabais le rendent proprement infâme à l'ouïe alors que, manette en main, les personnages se meuvent avec la grâce d'une baleine quand il s'agit de tourner sur eux-mêmes. Un souci de maniabilité assez pesant pour renvoyer aux oubliettes un mode multijoueur pourtant complet. Toutefois, son principe bien maitrisé permettra aux furieux du high score de s'adonner agréablement aux activités du Club, qui risque bien malgré lui de demeurer assez fermé. Certains s'y ennuieront ferme dès les premières parties et d'autres y passeront sans remord d'entières journées improductives à grimper dans les classements online. Les joueurs séduits par le concept peuvent espérer que The Club inspirera d'autres productions moins perfectibles que ce dernier.
LES PLUS
+ Les personnages charismatiques
+ Les niveaux bien réglés
+ La durée de vie si on accroche
LES MOINS
- Les bruitages et la VF gâchent tout
- La rotation lente des personnages qui détruit à elle seule le multijoueur
- La répétitivité pour les hermétiques au high score





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  Compatibilité : 60hz seulement
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  Format : DVD
  Localisation : Version française intégrale
  Mémoire : 256 Ko
  Son : 5.1