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Ninja Gaiden II

 

Test Ninja Gaiden II







Images








01

JUI
2008
La Team Ninja avait marqué les esprits avec leur premier portage 3D de la licence Ninja Gaiden, en offrant un jeu d'action aussi impressionnant qu'intransigeant. Ryu Hayabusa revient dans un second épisode encore plus violent et toujours plus exigeant ; mais si le héros renouvelle ses points forts sous de bons augures, les lacunes du premier en général et les problèmes de caméra en particulier ont-ils bénéficié de la même attention ?

Mon Ninja Garden en dégradés de rouge


L'histoire tient sur une feuille que la production aurait déchirée avant d'en sélectionner quelques morceaux - un peu plus tape-à-l'oeil que les autres - pour donner naissance aux 14 chapitres du titre. Pas grand-chose à se mettre sous la dent de ce côté-là : des démons dont le projet est de réanimer une grosse bête encore plus méchante se sont emparés de dangereuses reliques leur permettant de réussir l'opération. Malheureusement pour eux, cela fournit un excellent prétexte au ninja Ryu Hayabusa pour les hacher menu un par un.

Si dans l'ensemble, la panoplie de mouvements du héros n'a guère changé (sauts en tout genre, course sur les murs ou l'eau), ses possibilités au combat se sont quelque peu élargies. Ayant séché les cours d'infiltration pour s'inscrire en CAP Boucherie, Hayabusa peut à présent trancher les membres de ses ennemis comme le fil fend le foie gras, à l'aide de plus d'une demi-douzaine d'armes de mêlée à utiliser intelligemment suivant les situations, de projectiles dont on peut accroître la puissance en se concentrant ainsi que des classiques Ninpo dégageant les champs de bataille autant qu'ils remplissent l'écran d'effets lumineux.

Dans les faits, des bras et des jambes volent dans tous les sens alors que des hectolitres de sang et de chair donnent un nouveau visage aux décors. Outre le bonheur de pouvoir se prendre pour une Valérie Damidot nipponne, ces mutilations servent le gameplay : un ennemi amputé d'un membre sera plus aggressif quoiqu'un peu limité en coups, mais il sera possible de l'achever de façon classe par une simple pression du bouton Y, façon qui, en prime, rapporte plus de Karma à dépenser dans les échoppes. On reste donc dans la droite ligne du premier volet question combats, avec un héros qui répond au doigt et à l'oeil pour enchaîner, esquiver et contrer.

Souriez, vous êtes mal cadré


Il y a toutefois un premier prix à payer pour cette classieuse débauche d'hémoglobine : la caméra, plus prompte à mettre en valeur les carnages dignes de Kill Bill qu'à se révéler utile à l'élaboration d'une stratégie, reste une légère épine dans le pied de l'ensemble. Recadrable avec le stick analogique droit ou la gachette située du même côté, celle-ci s'adonne souvent aux principales maladresses inhérentes au genre. Toutefois, elle s'avère moins indomptable que dans le premier volet et les quelques scènes de plate-forme se laissent agréablement parcourir, un fait assez rare dans un jeu d'action 3D.

Mais que l'on ne s'y trompe pas : malgré l'apparente étendue des nouveaux niveaux comme New-York ou encore la ville inspirée de Venise, le level design est bien plus limité que dans Ninja Gaiden premier du nom. Très peu de situations mettent le joueur face à un choix de chemin à prendre et les zones traversées ne peuvent l'être que d'une seule façon. Preuve en soit, il n'est plus possible d'accéder à la carte des lieux dans les menus. De par sa linéarité - masquée par un design agréable - et ses armes, mêmes lourdes, toutes plus véloces les unes que les autres, Ninja Gaiden II s'oriente nerveusement du côté de l'action pure et dure et le fait savoir.

Dur, voici un adjectif qui caractérisait l'aîné et qui servira également de définition à ce deuxième volet des aventures du hachoir sur pattes. On pourrait croire que faire remonter automatiquement la barre de vie du Ninja à son maximum (hors blessures graves) entre chaque combat ouvrirait le jeu à un public moins hardcore : que nenni. Véritable justification à des boss parfois vraiment retors ou à des phases longues et sans checkpoint, le système ne décevra pas l'élite des gamers qui demandera pitié à la console dans les quatre niveaux de difficulté proposés. Le premier d'entre eux devrait déjà suffire à rebuter ceux qui pensaient devoir bêtement marteler les boutons de frappe. Les autres font varier l'intérêt du jeu en allant du challenge méritant à l'abus pur et simple, nécessitant parfois plus un coup de chance et un mauvais choix de l'IA que des réflexes vraiment au point.

Technique fruitée, mais technique qui pêche


Les ennemis sont en effet assez intelligents pour penser à saturer les sens du ninja en l'attaquant tous en même temps, la crise de nerfs ne sera jamais bien loin dans certaines situations. L'écran de Game Over devient un compagnon fidèle, de même que le temps de chargement affreusement long qui le suit. Tellement qu'il en devient très vite agaçant, encore plus si l'on meurt moins de vingt secondes après avoir repris le cours du jeu.

En effet, si le soft s'avère impressionnant graphiquement (bien plus au titre de la qualité de ses animations qu'au niveau des détails affichés) et plutôt réussi artistiquement, la technique supportant l'ensemble faillit quelquefois devant l'ampleur de la tâche. La version test à disposition présentait en effet quelques baisses de framerate, divers freezes intempestifs de l'écran et même plusieurs bugs très gênants, comme des ennemis bloqués à l'intérieur de murs alors que l'ouverture d'une porte dépend de leur élimination. Même si ces problèmes ne sont pas fréquents, ils gâchent d'autant plus le plaisir de jeu du fait du rythme frénétique du gameplay.

Au niveau sonore par contre, pas de problème à signaler. Certains des airs musicaux, mélangeant ambiance, choeurs et hard rock, sont très réussis et servent bien l'action, de même pour les bruitages ainsi que les voix dont on peut choisir la langue : anglais ou japonais. Un bon point.

En ce qui concerne la durée de vie, Ninja Gaiden II peut et demande à être rejoué dans différentes difficultés. Ceux qui répondront « non merci » auront déjà plus d'une dizaine d'heures d'Hayabusa dans les jambes et pourront comparer leur score à celui d'autres joueurs sur le Live. Meux encore, il est possible d'enregistrer des phases de gameplay et de les diffuser via le Cinéma Ninja pour faire part de ses plans d'attaque les plus destructeurs.

Yato.


7/10
CONCLUSION

Sans surprise, Tecmo présente la digne suite des aventures de Ryu Hayabusa. Si certains regretteront l'orientation 100% action de ce nouvel épisode, la qualité autant esthétique que ludique des combats fera vite oublier ce souci. Exigeant et par la même occasion, intelligent, Ninja Gaiden II ne pêche qu'au niveau de sa technique. La caméra ne suit pas toujours parfaitement l'action et quelques baisses de framerate ou bugs gênants gâcheront un peu la fête. Mais le titre reste un excellent jeu d'action et rivalise de façon indiscutable avec le Devil May Cry 4 de Capcom. Les joueurs débutants risquent toutefois de s'y casser les dents au vu de la difficulté de certains passages, mais cette marque de fabrique de la série sera une bonne occasion pour eux de progresser et de découvrir un challenge dont on ne décroche que difficilement. Les plus hardcore des gamers peuvent être rassurés : quatre niveaux de difficulté et de grands moments de frustration les attendent au tournant. Quant aux accros du genre, inutile de se focaliser uniquement sur la note, Ninja Gaiden II assure sans conteste l'essentiel et c'est bien le principal.
LES PLUS
+ L'animation
+ L'esthétique
+ Les combats intelligents
+ Le challenge
LES MOINS
- La technique pas toujours au point
- La difficulté abusive de certains passages
- Level design linéaire





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INFOS JEU
  Résolutions : 480p  720p  1080i  1080p
  Compatibilité : 60hz seulement
  Format : DVD