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Battlefield : Bad Company

 
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27

JUI
2008
La B-Company de Digital Illusions CE débarque dans un opus développé sur consoles et ne demande qu’à s'imposer comme jeu multijoueur de référence. Battlefield : Bad Company est précédé d'un engouement certain et d'une réputation relativement solide en partie due au passé, pas si lointain que ça, de la série sur PC. Restait alors à savoir comment ce cap allait être franchit par les développeurs.

Introduction à la Compagnie B


En premier lieu, Battlefield : Bad Company c'est un mode solo. Pas forcement ce que l'on est en droit d'attendre de la série mais pourtant, jouer seul avec la B-Company se veut être l'un des points clés du titre, preuve en est l'ensemble de la campagne promotionnelle axée sur les quatre protagonistes principaux, aussi cinglés qu'attachants. Le joueur incarne Preston Marlowe, un soldat des forces américaines qui s'est engagé parce qu'il rêvait tout simplement de suivre les traces de son paternel. Oui mais voilà, parfois on s'ennuie dans l'armée et notre ami a eu la merveilleuse idée d'emprunter un hélicoptère histoire de s'occuper. Malheureusement pris en flag, l'homme n'a d'autre choix que de rejoindre la B-Company et son casting de délurés.

Sweetwater est ainsi l'un des énergumènes qui vous servira d'allié. Affilié à la Bad Company après avoir infiltré un virus dans le réseau informatique militaire, c'était ça ou la prison. Un peu comme Haggard qui, pour éviter les foudres de ses supérieurs après avoir fait exploser les toilettes des gradés, a décidé de rejoindre cette unité. Ce trio de dangereux gaillards est commandé par le Sergent Redford, sans aucun doute le plus normal et le plus raisonnable de ces hommes, qui accepte de diriger la compagnie en échange d'une retraite anticipée. Manque de bol, avec une équipe pareille, les choses ne pouvaient aller que de travers.

Ce bataillon est considéré par l'armée comme un groupe de « bons à rien » et n'hésite donc pas à envoyer nos quatre hommes sur le front, seuls, histoire de voir ce qu'il s'y passe. Répartie en sept missions, cette Campagne solo se révèle bigrement jouissive lors des premières heures de jeu. Sans nul doute grâce à ses environnements géants, qui donnent l'impression au joueur d'évoluer sans contrainte dans un territoire totalement ouvert. Ou alors par son moteur Frostbite qui offre une aisance de jeu remarquable avec notamment des décors presque totalement destructibles. En solo cela se traduit par des objectifs assez rébarbatifs, qui se limitent à de la destruction / anéantissement ou de la défense, mais dont les possibilités d'y parvenir sont incroyablement nombreuses. Une fois son objectif repéré sur la carte, libre au joueur d'emprunter le chemin qu'il désire pour s'y rendre. Et si un obstacle se dresse en chemin, un explosif, un tir de char ou une grenade bien placée suffira à détruire une barricade, raser une maison et bien d'autres. De quoi laisser la place à des phases de jeu relativement différentes selon la manière dont on abordera une mission. C'est aussi l'occasion de se retrouver dans des situations plutôt délicates où un hélicoptère, par exemple, vous canardera sans cesse sans que vous ayez l'opportunité de vous protéger.

La B-Company en solo, c'est plutôt Bad


Battlefield : Bad Company doit également beaucoup à sa mise en scène, tout simplement géniale. Le casting est drôle, attachant, chacun des personnages ayant sa personnalité. Tout en gardant son côté guerrier, Battlefield respire l'amusement et les répliques rigolotes. On pourrait même se croire dans une nouvelle version du film Les Rois du Désert où une bande de lascars, en quête de fortune et de lingots d'or, s'aventure dans des missions périlleuses qu'ils accomplissent avec un certain brio, en gardant toujours une bonne blague sous la main. Et pourtant, tout n'est pas rose dans le solo du titre de Digital Illusions CE. La faute tout d'abord à une intelligence artificielle bigrement décevante, aussi bien pour nos compères que du côté ennemis. Haggard, Redford et Sweetwater ne vous seront en effet d'aucune utilité, ou presque. La plupart du temps, le trio qui nous sert d'amis de fortune se contentera de nous suivre bêtement, se laissant aller à quelques fusillades de ci de là mais incapable de prendre la moindre initiative et donc, de remplir un objectif. Frustrant, d'autant plus qu'ils ne peuvent pas non plus conduire un véhicule, descendre un ennemi qui se trouve à peine à cinq mètres d'eux ou même profiter de leur artillerie spécifique vous obligeant à trouver l'arme nécessaire. Ce qui donne parfois lieu à des situations vraiment alarmantes, pour ne pas dire ridicules.

Que dire aussi des ennemis et de leurs lacunes en termes d'IA ? Chacun des soldats ou mercenaires qu'il faudra affronter se trouvera pour la plupart du temps seul, ces derniers étant tout bonnement incapables de développer un tant soit peu de tactique. Ainsi, on se retrouve à tuer nos ennemis un par un, chacun étant tranquillement dissimulé dans son coin de carte. Autre point plutôt agaçant, la précision accrue de leurs tirs. On aura en effet du mal à croire que l'européen de l'Est soit doté d'une vision d'aigle. C'est pourtant le cas dans Bad Company où, à partir du niveau de difficulté moyen, n'importe quel soldat adverse placé à plusieurs centaines de mètres saura vous toucher si vous êtes dans leur champ de vision. Un élément encore plus énervant quand on se rend compte que cette faculté exagérée dont ils font preuve ne s'adresse qu'à l'égard du joueur, les ennemis ne trouvant pas nécessaire de se battre contre vos camarades. Par exemple, si l'un de vos amis se tient à découvert à trois mètres d'un char ennemi et que vous êtes placé une quinzaine de mètres plus loin et d’avantage à l'abri, les tirs incessants du blindé seront pour votre pomme. Une grosse incohérence qui rend plus lourd un mode solo qui avait pourtant de quoi satisfaire.

On se surprendra aussi à ressusciter infiniment dans la campagne de Battlefield : Bad Company. Pas de vie à gérer, on est ici dans un système de jeu basé sur des points de respawn, comme en partie multijoueur. Dans le fond, il est donc impossible de perdre, si l'on fait abstraction des quelques missions spéciales où un temps limité sera de rigueur. Ajoutez à cela la possibilité, en plein jeu, de s'injecter une solution médicale miraculeuse qui rétablira toute votre santé, on comprend alors l'acharnement des ennemis à ne combattre que le joueur, puisque quasi-invincible. Du fait de ces difficultés de jeu, le solo de Bad Company devient trop frustrant et n'arrive pas à totalement s'affirmer. Pourtant servi par un background excellent, la campagne n'est, au final, qu'une alternative un peu décevante du multijoueur.

Battlefield, c'est toujours meilleur à plusieurs


Inutile de le cacher plus longtemps, le multi en ligne de Bad Company est un réel plaisir de jeu qui repose, avant tout, sur un gameplay diablement efficace bien que pas dénué de défauts. Comme en solo d'ailleurs, la conduite des véhicules n'est pas toujours aisée, notamment à cause de la disposition des touches accélérateur et frein, situées du même côté du pad. Mais aussi parce que le tank, plus particulièrement, aura tendance à rebondir sur certaines surfaces d'une map, un fait assez étrange. Cependant, après quelques moments de jeu, piloter un hélicoptère ou conduire un blindé sera un vrai jeu d'enfant. De manière plus générale, le gameplay de cette mouture pour consoles est assez intuitif, garantissant une prise en main immédiate. Sur ce point, Battlefield : Bad Company ne déçoit pas. Le panel d'armes qui est à disposition des joueurs est lui aussi un gage de qualité. On ne s'attardera pas sur l'artillerie à débloquer avec la version Gold du titre ou en atteignant le niveau 25 en multijoueur. Les armes sont attribuées en fonction de la classe du personnage et somme toute assez équilibrées selon que l'on incarne un Assaillant ou un Défenseur. Assaut, Artificer, Reco, Spécialiste et Soutien, tous auront leur place dans le champs de bataille, pour le peu que l'on joue avec une équipe voulant prôner la stratégie.

Le mode Ruée vers l'Or est le seul disponible dans le titre. En attendant la mise en ligne gratuite (et prochaine ?) du mode Conquest, il faudra se contenter de batailler pour exploser ou protéger un butin, tout simplement, sur un total de 8 cartes. Concrètement, un terrain de jeu présente plusieurs bases de défenses qui regroupent à chaque fois deux caisses d'or. Une fois les caisses détruites, l'aventure se poursuit à la prochaine base et ainsi de suite. Un contenu qui paraît un peu maigre, bien que la grandeur des maps arrive à nous faire oublier quelque peu cet aspect. De la forêt russe militarisée à la riche région agricole d'Europe, en passant par une rivière du Moyen-Orient ou dans les environs d'une base de transmission secrète, de bien beaux théâtres attendent les joueurs. Pour le reste, les escarmouches à 24 joueurs sont aussi appétissantes que l'on pouvait s'y attendre. Ceci implique d'avoir un bon nombre d'heures de jeu derrière soit avant de pouvoir s'affirmer comme un joueur efficace en multi. Les morts seront nombreuses et en frustreront certains, alors que les autres sauront que ce n'est là qu'un apprentissage et une étape obligatoire à passer.

Une fois cette expérience engrangée, la magie opère et Bad Company fait enfin preuve de son statut de bon jeu multijoueur. Si l'on prend en compte l'ensemble des médailles et récompenses à débloquer, il est certain que le titre saura offrir un nombre incalculable d'heures de jeu. Par ailleurs, le système de points est agréablement bien pensé et ne récompensera pas seulement les frags, mais également les joueurs qui blessent un adversaire ou qui usent intelligemment de leur habilité, par exemple en distribuant des packs de santé. Encore une fois, on regrette la présence d'un seul mode de jeu alors que les PCistes afficheront un léger sourire au regard du nombre de joueurs qu'une partie peut accueillir, 24, là où 64 personnes s'adonnaient au plaisir du combat en groupe sur PC. De plus, il n'est pas possible de choisir scrupuleusement sa partie et on se laisse guider gentiment par le soft qui décide le camp dans lequel le joueur évoluera.

Frosbite, le moteur qui détruit tout


On ne pourrait parler de Battlefield : Bad Company sans évoquer son moteur Frostbite. Il permet la destruction de la quasi-totalité des éléments affichés sur une carte, obligeant les joueurs à adopter des techniques différentes pour aborder les parties. Un vrai régal, cet engine est tout bonnement la base du gameplay. Pour se rendre compte de l'efficacité de ce moteur, il suffit de regarder une partie multijoueur, voir une base avant le début des ébats puis apprécier l'état du terrain une fois que la partie passe à la base suivante. On est loin du temps où se cacher derrière un arbre suffisait à se protéger du feu ennemi. En plus de cela, le rendu global fait largement honneur à la console avec des décors et textures soignés, en plus d'effets convaincants. La profondeur de champs est tout bonnement excellente et conforte l'idée que ce moteur y est pour beaucoup si le jeu de Digital Illusions CE est au final un soft de qualité. Quant à la bande-son, il sera toujours possible de contester la version française avec ses doublages un peu mollassons et ses tons pas toujours adaptés pour profiter des répliques tordantes de nos compagnons. Le reste de l'ambiance sonore n'a absolument rien à se reprocher et contribue à immerger le joueur dans la partie avec des explosions de grenades qui rendent sourds, des balles qui ricochent contre les parois ou encore le sifflement des obus qui tombent du ciel. Le tout offre un concerto des plus agréables, on en attendait pas moins.

Jerem.


7/10
CONCLUSION

D'un côté, Battlefield : Bad Company c'est l'assurance d'un multijoueur de qualité avec ses exigences, en terme d'expérience, et son plaisir du jeu instantané. Le titre de DICE se dote également d'un moteur, Frostbite, qui permet de batailler sur des aires de jeu immenses, en grande partie destructibles et diablement plaisantes. Mais Bad Company c'est aussi un mode solo qui, malgré un background génial, est terni par une intelligence artificielle déroutante et indigne, le rendant ainsi trop rébarbatif et au final, pas assez aguicheur. Du coup, le contenu un peu léger du multi a plus de mal à passer. Tel qu'il nous est présenté, ce Battlefield est certes à la hauteur des espérances, en tout cas assez pour espérer devenir une référence en matière de multijoueur, mais il faudra certainement attendre davantage de contenu avant de profiter pleinement de l'expérience.
LES PLUS
+ Frostbite, un régal
+ Un background solo excellent
+ Le multi toujours aussi efficace
+ Les classes et le système de points
LES MOINS
- En solo, une IA indigne
- Un seul mode en multi
- Un autre prévu gratuitement, mais quand ?





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