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Army of Two

 
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08

MAR
2008
Il y a quelques années, jouer en coopératif faisait parti des « features » d’un jeu. Forcément un plus vis-à-vis de la concurrence, mais loin d’être le principal argument de vente ou le cœur du gameplay. De Street of Rage à Perfect Dark en passant par Diablo, ce ne sont pas les exemples qui manquent dans tous les genres. Mais la mode est connue pour faire avec merveille du neuf avec du vieux. Ainsi donc, merci à Halo ou Gears of War, la mode est au coopératif. Coopération offline, online, à deux, à quatre ou même à seize, les arguments pour vendre ne manquent pas. Avec Army of Two, Electronic Arts s’engage sur le terrain du « deux contre tous ». Ou comment faire reposer tout un gameplay sur deux hommes à la limite de l’inhumain, ayant pris pour habitude d’évangéliser de méchants terroristes par paquets de douze entre deux voyages autour du monde.

Time to kick some ass


Le mercenariat a le vent en poupe. En ces temps de conflits internationaux en Irak ou en Afghanistan, l’armée de l’oncle Sam cherche à limiter les pertes dans l’armée régulière. L’Etat américain décide donc de laisser les missions les plus délicates à des Private Military Corporations, des sociétés privées qui ont fait de la location de mercenaires leur fond de commerce. Tyson Rios et Elliot Salem sont deux de ces hommes à tout faire, deux gros malabars bien musclés que le joueur va pouvoir incarner, de leurs débuts en Somalie en 1994 à leur dernière mission dans un Miami de 2008. Entre les deux compères (un plutôt tête brûlée et l’autre plus pragmatique) les vannes fusent tout au long de l’aventure et c’est là l’une des premières agréables surprises : on se prend volontiers aux chamailleries des deux acolytes pourtant loin d’être très fines.

Cela se retrouve dans le gameplay où il est possible à tout moment de féliciter ou d’engueuler sa moitié. Il est clair que c’est totalement inutile vis-à-vis des autres mécanismes du titre, mais cela illustre bien jusqu’où la possibilité de tout faire à deux a été poussée par les développeurs.

Sur le champ de bataille, la colonne vertébrale du gameplay est représentée par l’aggromètre. L’aggro, un terme que les pratiquants de MMORPG connaissent bien puisque initié par le genre. Dans Army of Two, l’aggromètre est une jauge qui oscille entre deux côtés représentant les deux protagonistes, en fonction de celui qui se montre le plus dangereux pour l’adversaire. Si un seul personnage vide son chargeur face aux ennemis, ces derniers ne se focaliseront que sur lui. Le second peut dès lors se faufiler derrière les lignes ennemies et venir dégommer la force adverse, trop occupée à répondre aux tirs de notre premier larron. Si le joueur se retrouve en mauvaise posture, l’écran dans le rouge, il est possible de feindre la mort pour berner un soldat adverse. Pratique pour reprendre des forces (le système de points de vie n’existant que pour les ennemis) mais à utiliser avec parcimonie étant donné que l’autre se retrouve immédiatement avec un aggro au maximum.

Le système de santé d’Army of Two répond lui aussi aux standards de la mode actuelle et se passe de tout point de vie. A la manière d’un Call of Duty, l’écran devient rouge pour signaler que notre mercenaire ne va pas tarder à passer l’arme à gauche. On note tout de même une jauge de vie pour le second, à prendre en compte à tout moment pour décider des actions à lui ordonner (mise à couvert, tir de couverture, avance, etc.). Si l’un des deux membres du commando vient à succomber, tout n’est pas encore perdu. Un court laps de temps permet d’aller le récupérer alors qu’il n’est que blessé. Le joueur peut le traîner jusqu’à un endroit à l’abri des tirs adverses pour ensuite le soigner comme si de rien n’était. Aucun malus pour celui des deux qui a décidé de flirter avec St-Pierre, preuve que le jeu mise avant tout sur le fun.

Comme il a été plutôt bien pensé, l’aspect coopération ne sert pas que sur le champ de bataille. Tous les niveaux ont été créés pour mettre en avant les actions réalisables à deux. Besoin d’atteindre un balcon en hauteur ? Quoi de plus normal que de se faire une courte échelle (Step-jump dans le cas présent). La plupart des portes fermées ne s’ouvrent que si nos gros bras s’y mettent au même moment. Dommage d’ailleurs que le joueur ait juste à assister à une cut-scène, des petits éléments de QTE auraient ici été les bienvenus. Enfin, certaines séquences de parachute et d’aéroglisseur demandent une certaine entente, pour que l’un dirige pendant que l’autre tire sur tout ce qui bouge.

Live together or die alone


Les terroristes étant ce qu’ils sont, plutôt salauds avouons-le, ils n’hésitent pas à attaquer de plusieurs côtés en même temps, tirent à couvert et savent se replier si le déroulement des événements devient propice à une mort lente et sans bavure d’une balle en pleine tête. Autrement dit, l’IA adverse sait se montrer intelligente. Malheureusement il arrive également que des soldats restent plantés comme des piquets fleur au fusil, attendant de manger sévère. Le système d’aggromètre a aussi une incidence parfois négative sur la perception des adversaires, laissant passer le joueur qui n’a pas l’aggro à un mètre sans rien suspecter. En solo l’IA du coéquipier se montre la plupart du temps correcte. Dans d’autres séquences, nommées Back to Back, nos deux comparses se mettent dos à dos pour répondre aux assauts de toutes parts. Le jeu se met alors au ralenti, procure des munitions illimitées au joueur et se transforme en… tir au lapin. Pas vraiment intéressantes, ces séquences « pour le style » sont clairement à oublier.

Cela ne se voit pas au premier regard mais Army of Two utilise le désormais célèbre Unreal Engine comme moteur graphique. Il faut dire que techniquement le jeu d’EA Montréal est capable du meilleur comme du pire. Difficile de fermer les yeux sur le peu de variété des ennemis, sur certaines textures et modélisations vraiment cheap ou sur l’aliasing présent jusque dans les menus. En revanche, dès que le soft fait dans la démesure (s’enfuir d’un porte-avion nucléaire prêt à exploser, investir une ville de Miami sujette à un ouragan de catégorie 5…) on en a tout de suite plus pour son argent, sans pour autant ressortir bouleversé par l’expérience. L’équipe de développement a également été peu inspirée pour le level design du jeu. Aucune liberté ou presque n’est laissée au joueur pour avancer à sa guise, sa progression étant dictée par un GPS et des environnements à sens unique.

Mais le gros point noir d’Army of Two est sans contestation sa durée de vie. Le mode principal ne dure qu’entre 6 et 8 heures et ce n’est pas vraiment la possibilité de tuner ses armes qui améliore l’ensemble. Certes, il est intéressant de dépenser l’argent gagné à la sueur de nombreux meurtres pour améliorer la puissance ou la capacité de rechargement de son artillerie, mais on atteint vite les limites du concept. La replay-value, via le coop en écran splitté ou le Xbox Live, peut tout de même rattraper un peu l’ensemble pour les plus motivés.

Reste enfin le mode multijoueur, qui ne propose hélas que du 2 contre 2 exclusivement en ligne, sur seulement quatre maps et limité aux possesseurs d’une même version (PAL ou NTSC). Les deux équipes sont lâchées en zone de guerre (qui est le nom d’une des trois variantes du multijoueur avec Extraction et Primes) et doivent compléter le plus d’objectifs possible pour l’emporter. Des soldats dirigés par l’IA viennent corser le tout et il est possible d’attaquer directement l’équipe adverse. C’est fun, quand ça ne rame ou ne plante pas, mais le fait de joueur uniquement à deux peut vite lasser.

Xzyl.


6/10
CONCLUSION

Plaisant et plutôt divertissant, Army of Two répondra sans doute aux attentes d’amateurs de jeux coopératifs morts de faim. Le système d’aggro et la coopération poussée réussissent à le distinguer d’un énième jeu d’action à la troisième personne. Dès lors, on regrette d’autant plus que le jeu soit littéralement plombé par une durée de vie trop faible, un manque de liberté quasi-total et une IA capable de surprendre comme de faire rire. A 70 euros, on ne saurait que trop vous conseiller d’attendre une baisse de prix pour vraiment en profiter, l’aventure et l’ambiance valant tout de même le détour.
LES PLUS
+ L’ambiance
+ Le système d’aggro
+ De bonnes idées
+ Plaisant à jouer
+ Plutôt joli
LES MOINS
- Bien trop court
- Facile
- Level design peu inspiré
- IA capable du meilleur comme du pire
- Des séquences sans intérêt
- Manque de finition du online





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  Mémoire : 60 Ko
  Son : Dolby Digital