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Alone in the Dark

 
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JUI
2008
Débuté en 2004 avant d’être dévoilé une année plus tard, Alone in the Dark est ce que l’on appelle un projet de longue haleine. Quatre ans de développement, quand d’autres titres aux réactualisations annuelles ne bénéficient que de quelques mois, on pourrait penser qu’il s’agit là d’un gage de qualité, d’une attention toute particulière que l’on réserve à ces séries ayant fait leurs preuves dans le passé. Le développement du jeu a pourtant été confié à un studio novice en la matière : Eden Games, que l’on a plus l’habitude de voir à l’œuvre sur des jeux de courses. C’est donc sans expérience que les lyonnais se lancent dans le survival horror, avec un Alone in the Dark aussi attendu que redouté. Après un très bon The New Nightmare, l’horreur à la française a-t-elle toujours autant la cote ?

De l’Eden à l’enfer


Les tracas inhabituels se suivent et se ressemblent pour le pauvre Edward Carnby. Après avoir échappé de justesse à un crash d’avion s’étalant sur deux générations de consoles, l’enquêteur délaisse l’île peu accueillante de Shadow Island pour un Manhattan sans dessus dessous. Amnésique lors de son réveil au début du jeu, Edward va se retrouver bien malgré lui à devoir s’échapper d’un immeuble en feu, attaqué par un phénomène étrange. Après quelques cabrioles et une fuite en voiture, le joueur se retrouvera dans Central Park, principal lieu de cette nouvelle aventure. L’histoire se veut assez classique, parfois vite expédiée et ne marquera sûrement pas par ses rebondissements. Pourtant elle a le mérite de ne pas être bâclée et reste agréable à suivre, en mélangeant habillement fantastique et mythes plus anciens.

Hélas, le choc du réveil n’est pas réservé au seul Edward Carnby. Le joueur partage lui aussi les douleurs d’un accouchement visiblement trop prématuré. Les premiers instants qui mènent à la découverte du jeu, de ses mécanismes, sont ainsi tout bonnement catastrophiques. Bien que le titre offre la plupart du temps le choix entre une vue à la première et une vue à troisième personne, c’est vraiment la maniabilité qui est la plus grosse des tares. Si la vue subjective reste relativement correcte bien que plombée par la vitesse de déplacement trop lente du viseur, la vue à la troisième personne fait preuve quant à elle d’une rigidité que l’on pensait oubliée avec la fin des consoles 32 bits. La caméra bouge indépendamment de la volonté du joueur, et comme à la vieille époque bouger le stick de droite ne sert à rien. Heureusement, cette souffrance ne dure surtout que pendant le premier épisode du jeu. Une fois dans Central Park, la possibilité de faire quelques mouvements de caméras se généralise tout en restant très réduite. Celle-ci ne tourne pas autour du joueur comme c’est le cas dans la plupart des jeux, mais de façon très limitée autour d’un axe situé derrière Edward. Comme si cela ne suffisait pas, le bougre parait bien pataud et souffre d’animations robotisées, avec notamment des jambes qui tournent sur elles-mêmes plus vite que le buste !

L’autre aspect qui choque dans les premières minutes d’Alone in the Dark concerne les imprécisions désagréables auxquelles le joueur doit faire face. Toutes les actions, comme prendre un objet ou déplacer une table, s’effectuent avec le même bouton A. Déjà, il arrive bien souvent que le petit menu contextuel indiquant qu’une action est possible s’affiche avec beaucoup de mal, obligeant à mettre des petits coups de stick pour trouver une position qui plaira à Edward. Ensuite, si par malheur le joueur déplace un meuble un peu trop près d’un écran d’ordinateur par exemple, c’est au petit bonheur la chance qu’il devra tenter de récupérer ce qu’il veut la fois d’après. Dans le même ordre d’idée, Edward, pourtant apte à jouer les déménageurs du dimanche quand le joueur le lui demande, se révèle incapable de bouger de lui-même un objet qui le gênerait dans sa progression, même de quelques centimètres. Aussi, Edward ne se baisse pas. A quoi bon finalement ? Il est toujours plus intéressant de perdre 10 minutes à bouger un objet en travers du chemin que de passer rapidement dans un espace pourtant haut de plus d’un mètre. Malgré une ville de New York attaquée de partout, on pourrait presque croire que notre héros a le temps de faire les boutiques. C’est au joueur qu’il incombe de constamment rattraper toutes ces maladresses et sans surprise, ces petits détails se font de plus en plus frustrants et énervants au fil du temps. Un temps qui risque d’ailleurs de passer vite puisque le jeu se termine en une dizaine d’heures et ce n’est pas vraiment le genre d’œuvre que l’on refera une seconde fois.

Une première saison pleine d’idées


Fort heureusement, tout n’est pas que déception dans Alone in the Dark et c’est bien ça qui le sauve du naufrage total. Les développeurs peuvent ainsi être loués pour leurs efforts manifestes d’apporter de nouvelles idées au genre. Du côté de la mise en scène par exemple, la trame est divisée en une dizaine d’épisodes eux-mêmes découpés en séquences, ce qui a permis d’intégrer des cliffhangers et des "précédemment dans Alone in the Dark". Ces éléments, que l’on retrouve dans presque toutes les séries TV, seront surtout utiles aux joueurs ayant un faible temps de jeu hebdomadaire et qui apprécieront de ne pas avoir à se souvenir de ce qui s’est déjà déroulé. Pour les autres, l’option est forcément bien moins utile mais toujours passable.

La gestion de l’inventaire fait également preuve d’une originalité bienvenue. Pas de menu séparant le joueur de l’aventure, tout se passe en temps réel en ouvrant les poches du blouson. Edward peut stocker divers objets dans la partie gauche de sa veste tandis qu’un nombre limité de bouteilles, sprays ou fumigène se garde au chaud de l’autre côté. Un passage par cet inventaire de fortune est obligatoire avant de combiner certains objets, tels un mouchoir et une bouteille d’alcool, pour qui voudrait en faire un cocktail Molotov. Notons d’ailleurs qu’il est à plusieurs reprises indispensable d’user de ces objets nouvellement créés pour progresser. Il en va de même pour la gestion des blessures, où Edward passe en revue différentes parties de son corps pour éventuellement appliquer un spray ou bander des plaies ouvertes, sans jamais être coupé de ce qui se passe autour de lui. Dans le cas des blessures les plus importantes, le jeu laisse une poignée de minutes pour se trouver un bandage, sans quoi la mort est assurée.

La mise en scène est également un point plutôt bien fichu de cet Alone in the Dark. Les cut-scènes utilisent constamment le moteur graphique et font preuve d’un jeu de cadrages assez bien pensé. Quelques moments vraiment haletants rythment d’ailleurs l’aventure, avec des explosions de partout qui en mettent plein la vue, à condition d’occulter le fait que tout est scripté du début à la fin. Graphiquement, le jeu est même plutôt joli sur Xbox 360 avec entre autres une impressionnante gestion des effets pyrotechniques. Dommage que les lieux soient si vides, aussi bien en survivants qu’en monstres et que de désagréables bugs parsèment l’aventure. La mise en scène peut tout de même compter sur une bande-son composée d’excellentes musiques, dont les chœurs apportent un véritable plus. Et vu le peu d’éléments vraiment réussis, il serait dommage d’oublier celui qui l’est le plus.

Xzyl.


5/10
CONCLUSION

Quand les français d’Eden Games signent leur premier titre hors de leurs sentiers habituels que sont les jeux de course, ça fait mal. Et malheureusement pas dans le sens que l’on aurait espéré. Pourtant riche en bonnes idées, Alone in the Dark pèche hélas par sa maniabilité archaïque et ses petites mais trop nombreuses maladresses. L’aventure oscille du coup entre des moments franchement mauvais et d’autres plus agréables, mais reste très loin d’une nouvelle référence que l’on aurait aimé voir naître. S’il est intéressant à parcourir pour qui aime le genre et le trouve à prix réduit, Alone in the Dark n’en reste pas moins l’une des plus grosses déceptions de l’année.
LES PLUS
+ De bonnes idées
+ La gestion du feu
+ La mise en scène plutôt réussie
+ Très bonne B.O.
LES MOINS
- Une première heure trop douloureuse
- Un festival de maladresses
- Une maniabilité d’un autre temps
- Encore pas mal de bugs
- Manque de fluidité dans les animations





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INFOS JEU
  Résolutions : 480p  720p  1080i  1080p
  Format : DVD
  Localisation : Version française intégrale
  Mémoire : 4,4 Mo par sauvegard
  Son : Dolby Digital