
Publié le 12.11.2008, à 11:56 par - Ludo -Dire que Gears Of War 2 fait partie des blockbusters de fin d'année est un euphémisme. Malgré de nombreux détracteurs, le premier épisode a su séduire suffisamment de joueurs pour devenir la licence emblématique de la console de Microsoft. Pourtant, malgré ce succès, Epic ne s'est pas reposé sur ses lauriers et nous délivre un second opus que l'on nous a promis plus abouti et plus scénarisé. Alors simple effet d'annonce ou véritable renouvellement, qu'en est-il vraiment de ce nouvel épisode des aventures de Marcus.
Unreal Engine maitrisé, rétine explosée
Tout comme son petit frère, Gears of War 2 n'est ni plus ni moins que le fer de lance d'Epic, la véritable vitrine technologique du savoir faire des papas de l'Unreal Engine. C'est tout juste si on ne peut pas lire This is what our engine can do sur la boite du jeu. En toute logique donc, on s'attend à avoir une qualité visuelle irréprochable, après tout, si Epic ne sait pas se servir de son propre moteur, qui le pourrait ? Certes ce n’est pas irréprochable, mais il faudrait être de mauvaise foi pour ne pas reconnaitre que ce Gears of War 2 est ce qui se fait de mieux techniquement sur console à l'heure actuelle. Je parle ici de technique, pas de design. Le design on adhère ou pas, ça reste totalement subjectif. Non là je parle de technique, de la qualité et de la quantité d'effets qui apparaissent à l'écran. Ici c'est la débauche la plus totale : textures magnifiques, éclairages dynamique somptueux, réflexions, diffraction, tout y passe, pour le plus grand bonheur de nos yeux. Voir l'eau onduler lorsqu'un de nos partenaires passe dans une flaque et voir les ondulations perturbées par un coup de Lancer dans la même flaque est juste bluffant. Le pire c'est que tous ces effets apportent un réel plus à l'immersion du joueur. L'environnement est cohérent, les décors pètent dans tous les sens lors des grosses fusillades, bref, on a vraiment l'impression d'être sur le champ de bataille. Et le tout sans la moindre baisse de frame rate s'il vous plait. La maitrise d'Epic est totale du début à la fin : un moteur connu sur le bout des doigts, un hardware maitrisé de fort belle manière, pour un rendu visuel absolument bluffant tout au long de l'aventure.
Car contrairement à son prédécesseur, ce qui fait la force de ce nouvel opus (entre autre), c'est de proposer des environnements aussi variés que réussis. Sous terre, dans des bâtiments en ruine, en extérieur en pleine foret, les situations sont vraiment diversifiées et toujours cohérentes. C'est gris/vert/marron en sous sol, c'est éclairé, plein de couleur et vaste en extérieur. Le design quant à lui, reste fidèle à ce que l'on connait. Guerre oblige, c'est brut de fonderie avec des bâtiments en ruine, environnements crades et destroy, bref, du Gears tout craché. On accroche ou on n’accroche pas, là dessus pas possible de trancher. En ce qui me concerne, j'adore totalement. Le soft possède une véritable identité visuelle, et les environnements sont vraiment travaillés dans le moindre détail. Vous l'aurez donc compris, d'un point de vue purement technique Gears of War 2 remplit clairement sa mission avec brio, et on se rend bien compte que la console en a dans le bide.
Beau comme un camion, creux comme un potiron ?
Je vous vois venir, vous allez me dire qu'un beau jeu ne fait pas un bon jeu. Et vous avez bien raison. Epic le sait, et a bien compris ce que l'on pouvait reprocher à premier Gears. Son scénario timbre post et sa mise en scène quasi inexistante en avait fait un simple shoot où l'on se contentait d'enchainer les frags sans chercher à comprendre le pourquoi du comment. Bon, on n’a toujours pas de scénario de 70 pages, mais c'est tout de même plus intéressant dans Gears of War 2. Mieux encore, c'est la mise en scène qui a fait l'objet d'un travail monstrueux et propose un ensemble vraiment prenant. On est directement plongé dans le bain avec la première phase de Gameplay. Une fois celle-ci passée, on a alors le droit à un générique de présentation du plus bel effet : musique épique, une armée qui se déplace en masse, un discours de guerrier, des plans soigneusement recherchés, d'emblée on sent que les devs ont tout fait pour donner une autre dimension au soft. Et c'est réussi, il faut bien l'avouer. L'envergure des champs de bataille, les bombardements façon XXL, les gun fight à 5 contre 1000, tout est fait pour que vous viviez l'aventure depuis votre canapé. On s'attache à ses coéquipiers, on a peur pour eux, on stress durant les grosses scènes de shoot, bref, on vit le jeu, et ça c'est vraiment nouveau pour du Gow. Un autre point intéressant, même si c'est vraiment secondaire, c'est que certains de vos coéquipiers feront l'objet d'attention toute particulière durant le déroulement de l'histoire, en étant le centre d'une petite intrigue. Rien de transcendant, mais ça rajoute clairement une petite touche attachante à ces gros guss bourrés de testostérones.
De la diversité tu offriras, et moins chiant tu seras
Là on touche le dernier point fort de Gears of War 2 : c'est sa diversité. Terminé l'aventure se déroulant dans le même décor du début à la fin, dorénavant on voit du pays. Des vastes plaines de land down, aux entrailles d'un monstre, en passant par des caves souterraines ou encore des villes en ruines, les environnements proposés sont vraiment variés, et font oublier l'ennui du premier opus.
Terminé aussi le bestiaire avec 5 Locusts tout au long de l'aventure. Ici vous aurez le droit à la totale: Corpser, Brumac, Reavers, Larves, Tickers, Butcher, Boomer, Flame Boomer etc, toute l'armada Locust a été mobilisée pour vous arrêter. Chaque ennemis est clairement identifiable, possède son propre armements, sa propre tactique d'attaque, et donne vraiment l'impression de combattre une armée entière. On ne vous donne plus l'occasion de juste admirer un Brumack dans une cut-scène, non, cette fois vous allez vraiment affronter et devoir flinguer tout ce joli monde. Et pour vous aider, l'arsenal mis à votre disposition est lui aussi, revue à la hausse. On retrouvera notre cher Lancer, et toutes les armes du premier Gears, mais également des petites nouveautés vraiment sympathiques comme un lance flamme, un bouclier, une gatling ou encore un mortier, bref, de quoi vous laisser le choix dans la façon de donner la mort.
Enfin dernier point, le gameplay. Si les bases du premier sont respectées, on notera quelques ajustements vraiment bienvenus. Le premier point notable, c'est qu'il est enfin possible de dissocier la commande de course de la commande de couverture. Fini donc se coller au mur dès que l'on se met à courir, et ça, c'est un énorme pas en avant tant la situation était pénible dans le premier épisode. Pour le reste, c'est du classique et du solide avec quelques petites nouveautés : possibilité de prendre un Locust à terre pour en faire un bouclier humain, plusieurs possibilités pour achever un ennemis au sol (ça c'est pour les plaisirs solitaires), duel de tronçonneuses etc Rien de bien révolutionnaire, mais des petits ajustements qu'il était bon de faire et qui tirent le soft dans la bonne direction.
La perfection tu éviteras, et Gears of War 3 on justifiera
On ne peut que se régaler face à la quantité de travail réalisé par les devs d'Epic pour justifier ce Gears of War 2. On est clairement pas face à un simple 1.5, c'est déjà une bonne chose. Cependant, tout n'est pas rose au pays de Marcus Fenix, et il reste encore des points à améliorer pour vraiment toucher le Saint Grâal du jeu parfait.
A commencer par une IA digne de ce nom. Car il n'y a rien de plus pénible que de voir vos partenaires se foutre juste devant vous alors que vous êtes en train d'aligner la tête d'un Locust au sniper, ou de les voir foncer tête baissée dans la foule, se faire gentiment défoncer, et vous laisser vous démerder seul avec la vague de Locust qui approche. Alors évidemment, c'est plaisant d'aller chercher son partenaire pour le relever (oui on s'y attache au Dom) mais c'est parfois vraiment lourdingue de voir à quel point l'IA est à la ramasse. A noter que c'est aussi valable pour les ennemis. Des scripts trop stricts les rendent carrément débiles par moment: il n'est alors pas rare de les voir se cacher du mauvais côté du mur, de les voir essayer de vous sniper alors que vous êtes à moins d'un mètre en train des les tabasser à coup de crosse de pistolet, ou de lancer des grenades à 3 centimètres de leur pied..... Il va vraiment falloir retravailler ce point parce que, par moment, c'est vraiment ridicule. D'autant plus ridicule que la difficulté de l'aventure solo a clairement été revue à la baisse. Alors que le mode vétéran proposait un bon challenge dans Gears Of War 1, ici il n'est que le prétexte à débloquer le mode Dément, seul et unique défi du jeu. Il est donc fortement conseillé à tous les joueurs de Gow 1 de commencer le 2 en vétéran sous peine de très vite se faire chier à avancer sans aucune difficulté. A noter par contre, que le mode dément est, lui, véritablement chaud, et vous incitera à faire l'aventure en coop histoire de profiter au maximum d'un soutient réel, plutôt que de l'IA totalement inutile dans ce mode le plus ardu.
L'autre gros défaut réside dans le principe même de Gears Of War. Les phases "cover-shoot-progress" sont tellement au cœur du jeu, qu'elles en inspirent le level design, trop parfois. On se retrouve très souvent à savoir qu'une vague de Locust va débarquer avant même qu'elle n'arrive, par la simple présence de ces éléments de décors qui vont nous servir de couverture. Il faudrait vraiment que le level design propose un petit challenge et soit moins prévisible pour que le sentiment d'oppression de certaines situations soit vraiment complet. Car à ce souci de level design s'ajoute un autre élément décevant qui ajoute à la simplicité de l'ensemble. C'est cette fameuse destruction des décors. Certes on voit bien des petits morceaux de murs partir dans tous les sens, mais l'effet n'est que visuel et donc sans aucune conséquence sur votre environnement. C'est vraiment regrettable que ce ne soit que superficiel et que le petit muret qui nous protège ne parte jamais en morceaux pour nous laisser sans couverture et nous forcer à nous replacer pour éviter de passer l'arme à gauche. Surement très gourmand en ressource, ce genre de cadeau bonus avait pourtant était mis en avant lors des différents Devs Diarys que Epic nous avait proposé. Un bel effet d'annonce pour un rendu vraiment trop léger pour apporter la nouveauté qu'il représentait.
Conclusion
Le moins que l'on puisse dire c'est que le mode solo de Gears of War 2 remplit parfaitement sa mission. Terriblement beau, techniquement très abouti, suffisamment scénarisé et prenant, on ne voit pas le temps passer PAD en main. L'histoire dévoile un peu plus le passé et le contexte de cette guerre sans merci et les personnages, vraiment charismatiques, donnent une touche personnelle à ce nouvel opus. Certes il reste des points à améliorer et les détracteurs du premier épisode auront les mêmes raisons de pester contre le soft d'Epic tant l'orientation de ce nouvel opus reste dans la même lignée, mais ne boudons pas notre plaisir et profitons de ce petit bijou à sa juste valeur. Gears of War 2 ne révolutionne clairement pas le genre, mais apporte suffisamment de nouveautés pour se renouveler et nous proposer quelque chose de vraiment consistant. Epic dispose clairement de la licence phare de la 360, et le scénario est tout tracé pour nous proposer un 3 qui sera le bienvenu. Reste à savoir si Epic saura améliorer les défauts de son soft tout en proposant un prochain épisode encore supérieur à ce qui reste, à l'heure actuelle, l'un des TPS les plus aboutis de sa génération.
Verdict : 8,5/10
EDIT : merci pour ta réponse ci-dessous
Un excellent test qui pointe aussi bien les nombreuses qualité du titre que ses défauts (notamment l'IA qui n'a pas l'air très aboutie). Malgré tout, ça me donne vraiment envie de m'acheter le jeu. Petite question toutefois : il est toujours possible de faire le mode histoire à deux en offline ?
Yep, le coop est dispo en offline sans soucis
Good job, méchant modo ;)
Merci pour les remarques, même si je me rends compte que j'ai oublié de parler de quelques éléments
Perso, j'aurais vraiment aimé que tu évoques quand même le scénario, au moins le début, même si ça doit être toujours assez minimaliste et prétexte à l'action
Merci pour les remarques, même si je me rends compte que j'ai oublié de parler de quelques éléments
Perso, j'aurais vraiment aimé que tu évoques quand même le scénario, au moins le début, même si ça doit être toujours assez minimaliste et prétexte à l'action
J'ai volontairement omis cette partie. Je voulais juste souligné le fait que le scénario a été bien relevé, et que de nouveaux éléments font leur apparition. Mais hors de question de lâcher le moindre spoiler, donc j'ai préféré ne pas en parler plutôt que de faire une boulette
Donc finalement, je ma ravise: ton test est une merde
Ca nous fait une moyenne d'un test moyen au final, c'est bien ce que je disais, il me reste du boulot
Vas-y Ludo, frappe-moi, j'aime ça :D
MDR
lol Poser le pitch qui amène la suite, j'appelle pas ça un spoiler moi :p Mais bon, il est vrai que les boulettes, tu connais, donc je comprends ton argument XD
Vas-y Ludo, frappe-moi, j'aime ça :D
MDR
Va jouer dans le mixer
Je te hais
Très bon test Ludo ! Super bien présenté !
+++
Encore une fois, comme le premier opus, ce jeu ne m'intéresse pas.... Mais tellement de gens en disent du bien (à forte raison !) que je vais encore finir par l'acheter.... je le sens....
Très bon test Ludo ! Super bien présenté !
+++
Tout comme son petit frère, Gears of War 2 n'est pas non plus le jeu qui rassemblera les foules. Les mécanismes de jeu sont les mêmes, ce qui fait que si tu n'as pas aimé le 1, il y a peu de chances que tu aimes le 2. Il y a des choses qu'on ne peut pas discuter concernant Gow 2, c'est sa technique de pointe. Là dessus, c'est réussite totale. Mais sur l'intérêt du soft en lui même, il est évident qu'il ne plaira pas à tout le monde, loin de là